Société Archéologique  du Midi de la France
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SÉANCE DU 3 JANVIER 2017

Séance privée
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Communication d’Anne-Laure NAPOLÉONE :

Deux maisons en pans de bois aveyronnaises datées du XVe siècle

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Dans le cadre d’une étude générale sur les constructions en pans de bois au Moyen Âge dans ce département, les deux édifices présentés ont été choisis pour leur état de conservation, les caractéristiques de leur construction et les possibilités d’étude qu’ils offraient. Le premier, dans le petit village de Prévinquières, a été daté par dendrochronologie de 1451 ; il s’agit d’une construction dont le pan de bois est non porteur, technique de construction largement utilisée dans la région.

 

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Le second édifice, situé dans le village de Muret-le-château a été daté de 1493, c’est une demeure qui présente la particularité d’avoir les poteaux recouverts de plaques de tuf. Cette technique de construction, largement utilisée à Rodez et dans ses environs, a pu à cette occasion être observée dans le détail.

 

 

 

 

 

 


Présents : MM. Cazes, Président, Pradalier, Directeur, Ahlsell de Toulza, Trésorier, Scellès, Secrétaire général, Cabau, Secrétaire-Adjoint ; Mmes Andrieu, Haruna-Czaplicki, Napoléone, Pradalier-Schlumberger, MM. Catalo, Garrigou Grandchamp, Julien, Lassure, le Père Montagnes, Peyrusse, Surmonne, Testard, membres titulaires ; Mmes Czerniak, Munoz, MM. Darles, Debuiche, Laurière, Pousthomis, Renoux, Sournia membres correspondants.
Excusés : MM. Péligry, Bibliothécaire-Archiviste, Latour, Bibliothécaire-adjoint ; Mmes Balty, Bessis, Cazes, Lamazou-Duplan, Nadal, Queixalós, MM. Balty, Boudartchouk, Garland, Mattalia.

Avant toute autre chose, le Président a le grand plaisir de présenter pour cette nouvelle année les meilleurs vœux du Bureau à l’ensemble de la Compagnie, souhaitant en particulier à chacun pleine réussite dans les travaux de recherche qui font la qualité de notre Société et de nos publications.
Nous avons aussi le plaisir d’accueillir Guillaume Renoux, récemment élu membre correspondant de notre Société et qui prend séance ce soir.

Le Secrétaire général donne lecture du procès-verbal de la visite, le 13 décembre dernier, de l’exposition Manuscrits médiévaux des dominicains de Toulouse : mémoire d’une bibliothèque, qui est adopté à l’unanimité.

Le Président rend compte de la correspondance.
C’est tout d’abord M. Nils Brunet, directeur de l’A.C.I.R. Compostelle, qui sollicite la mise à disposition de notre salle des séances pour un séminaire consacré aux 78 biens inscrits par UNESCO sur les chemins de Saint-Jacques, séminaire auquel participera Guy Ahlsell de Toulza. La demande est acceptée par la Compagnie.
Le Président s’inquiète par ailleurs d’un courriel émanant de l’une des sociétés avec lesquelles nous entretenons des échanges de publication, qui nous informe « qu’il ne semble pas que le Bureau actuel souhaite poursuivre cet ancien échange ». Décision d’autant plus regrettable alors que se met en place la nouvelle grande région, et dont on aimerait connaître les causes réelles : désintérêt pour les travaux des autres sociétés savantes, même voisines ? Coût des publications et des échanges ? Conséquence de la mise en ligne sur Internet de publications de plus en plus nombreuses ? Le Président constate aussi que nous n’entretenons plus beaucoup de relations personnelles avec les membres des autres sociétés savantes, et que nous n’avons plus guère d’occasions de rencontre. Chacun d’entre nous devrait-il sans doute être un missi dominici de notre Société. Pour le Directeur, il faudrait peut-être envisager d’inviter les sociétés savantes de la Région Occitanie à une rencontre qui pourrait se tenir à Narbonne.
En réponse à une question, le Secrétaire général rappelle que la convention passée avec la Bibliothèque Nationale de France pour la numérisation de nos Mémoires, et leur mise en ligne sur Gallica, ne s’appliquait qu’aux volumes parus au moment de la signature, c’est-à-dire jusqu’au tome LXIX (2009). Il regrette d’ailleurs que la numérisation n’ait pas été réalisée dans les conditions prévues : nous avons en effet envoyé à la B.N.F. tous les volumes qui devaient être coupés afin d’avoir des images parfaitement planes. Or les numérisations mises en ligne ont été faites par la Bibliothèque municipale de Toulouse, sur des exemplaires reliés, avec des images courbes rendant en particulier inutilisables les reproductions des illustrations. Maurice Scellès précise qu’il nous faut donc doubler les numérisations de la B.N.F. autant que possible, travail qui reste achever, et que les nouveaux volumes de nos Mémoires sont mis en ligne en version pdf sur notre site Internet au fur et à mesure de leur parution, avec un délai d’un an environ, dont il faudrait d’ailleurs discuter.

Le Président fait ensuite état d’un très long courrier qui nous a été adressé par M. André Cochet, spécialiste des cuves baptismales en plomb, qui voudrait transmettre à des étudiants ses connaissances afin que soit poursuivi son travail. Nicole Andrieu qui l’a rencontré à plusieurs reprises lors de ses venues à Toulouse confirme qu’il a réalisé un travail formidable et Guy Renoux que c’est un chercheur passionné, de formation scientifique, dont les études associent analyse technique et iconographique.
Sont restés sans réponse les courriers adressés à la Fondation Bemberg pour l’ouverture du grand escalier de l’Hôtel d’Assézat, et au préfet, au sujet de la reprise de l’exploitation de la carrière à Montmaurin.
Le Président doit encore transmettre à la Compagnie les remerciements très chaleureux de Judicaël Petrowiste pour l’accueil du colloque sur l’histoire du pastel languedocien dans la salle Clémence-Isaure de l’Hôtel d’Assézat.

Le Président présente ensuite les dix mémoires reçus pour le concours. Quatre sont des mémoires de master et six des thèses, qu’il fait circuler dans l’assemblée. Afin de faciliter leur examen, il lui paraît nécessaire d’ajouter une séance au calendrier, le 28 février, que Louis Peyrusse propose de réserver aux interventions des rapporteurs et aux discussions pour l’attribution des prix. La proposition est adoptée.

La parole est à Anne-Laure Napoléone pour une communication sur Deux maisons en pans de bois aveyronnaises datées du XVe siècle.

Le Président remercie Anne-Laure Napoléone d’avoir accepté ce tout début d’année pour sa communication, une date toujours difficile, et de nous avoir présenté ces analyses très précises de ces constructions en pan de bois. Elles amènent tout naturellement à s’interroger sur leurs relations avec des constructions de ce type bien antérieures, puisque l’on sait que les villes romaines comptaient de nombreuses maisons à pan de bois.
Pierre Garrigou Grandchamp dit le grand plaisir qu’il a eu à comprendre le système structurel de ces pans de bois « habillés », que l’on ne soupçonne pas à l’Hôtel d’Armagnac à Rodez, par exemple. Reste la question des contreventements de ces pans de bois.
Louis Peyrusse imagine que Le Corbusier aurait dansé de joie à l’idée de cette « peau » que l’on peut changer, mettant pour la première fois en œuvre un système constructif ouvert au changement. Maurice Scellès se demande si l’on a des cas effectifs de rhabillage de façade, comme on l’a cru un temps pour l’Hôtel d’Armagnac avant que cela ne soit remis en cause. Anne-Laure Napoléone dit que c’est une hypothèse possible pour Marcilhac-Vallon. Louis Peyrusse observe que la minceur des dalles devait rendre l’habitation bien inconfortable au cœur des hivers aveyronnais. Pour Olivier Testard, le recours à cette technique est un choix économique, les dalles de pierre ayant en outre l’avantage de protéger le pan de bois.
Comme Jean Catalo s’étonne que les murs latéraux de la maison de Muret-le-Château ne soient pas parallèles, et se demande si la façade ne résulte pas d’un réaménagement, Anne-Laure Napoléone précise que celle-ci semble bien appartenir au premier état. Pierre Garrigou Grandchamp est frappé de la quantité d’équipements domestiques dont bénéficient ces maisons pourtant très exiguës. Maurice Scellès se dit peu convaincu par la restitution proposée pour le rez-de-chaussée de la maison de Prévinquières, l’attache sur la sablière lui paraissant plutôt en faveur d’un poteau de bois, point de vue partagé par Olivier Testard. Anne-Laure Napoléone se propose de réexaminer son hypothèse en fonction de la baie de boutique voisine et de l’étal.

Le Secrétaire-adjoint nous ayant rejoint, la parole lui est donnée pour la lecture du procès-verbal de la séance du 6 décembre, qui est adopté à l’unanimité.

Au titre des questions diverses, le Secrétaire général présente la plaquette réalisée par la commission Saint-Sernin, qui nous a enfin été livrée après des péripéties et avec un retard de près d’un mois. Intitulée Le Grand Sant-Sernin : Un vrai projet pour Toulouse et la Région Occitanie, cette plaquette distribuée gratuitement est destinée à faire connaître du public le projet d’ensemble élaboré au sein de notre Société depuis plus d’un an. Elle reprend de façon synthétique les textes mis en ligne sur notre site Internet, une large place étant dévolue à des illustrations démonstratives dont les plans et coupes d’Olivier Testard, et la vue à vol d’oiseau de Bernard Sournia (rendue à temps malgré une demande tardive et un délai bien court).
Le Président se félicite que nous puissions enfin en disposer et propose à chacun de se saisir du projet et de le faire connaître. Le moment est important, alors que la Mairie de Toulouse vient de publier une réponse en ligne à la pétition lancée sur Internet, dont il donne lecture. Il s’agit d’une réponse coordonnée de la Mairie et de la DRAC, tout à fait extraordinaire en France et que le Président juge très grave. On voit ainsi la Préfecture de la Région Occitanie soutenir l’absence de projet de la municipalité et son refus de toute fouille archéologique du site au nom de la protection des vestiges pour les générations futures.
Bernard Pousthomis juge regrettable que la DRAC n’ait pas demandé que soit mesurée l’épaisseur des couches archéologiques du site lors des sondages d’évaluation de l’été 2015. Mais pour autant, la fouille qui serait faite le serait dans le cadre de l’archéologie préventive qui n’aurait, comme toujours, ni les moyens humains ni le temps nécessaire qu’exige une fouille véritablement scientifique. La DRAC a donc raison de faire du site de Saint-Sernin une réserve archéologique, seule façon d’éviter sa destruction et d’assurer la conservation de son potentiel archéologique pour les générations futures.
Maurice Scellès s’insurge contre cette conclusion. On ne peut assimiler la fouille du site de Saint-Sernin, telle qu’elle est proposée par notre Société, a une fouille de sauvetage dans l’urgence. Si la Ville décidait de le fouiller dans le cadre d’un grand projet muséal incluant une crypte archéologique, elle serait évidemment la première à souhaiter une fouille exemplaire et à s’assurer des compétences nécessaires, et le rôle de la DRAC serait alors de l’accompagner. Il est tout aussi évident que le communiqué de presse de la préfecture de la Région Occitanie va à l’encontre de l’esprit de la directive européenne à laquelle il se réfère ; l’interprétation qu’il en donne signifierait en outre l’arrêt de toute fouille programmée… alors que la presse a annoncé à la fin de l’été la reprise des fouilles à Saint-Bertrand-de-Comminges, en Haute-Garonne… Et faut-il rappeler que l’on a laissé détruire tout récemment les vestiges du mausolée wisigothique mis au jour sur l’emplacement de l’École d’Économie, que les travaux de la rue Alsace-Lorraine n’ont fait l’objet d’aucune fouille archéologique, qu’aucune fouille véritable n’a été faite lors du réaménagement du quai Saint-Pierre où sont pourtant apparues des maçonneries de l’enceinte romaine, ou du port de la Daurade… Jean Catalo insiste sur le fait que les réseaux souterrains et les racines des arbres qui seront plantés risquent de détruire les vestiges.

Nicole Andrieu évoque à grands traits l’évolution de la prise en compte du patrimoine par les DRAC, telle qu’elle l’a vécue en tant que Conservateur des Antiquités et Objets d’art de la Haute-Garonne. Alors qu’en 1992, la COREPHAE était invitée à développer les protections au titre des Monuments historiques jugées insuffisantes en Midi-Pyrénées, le ministère a abandonné cette politique quelques années plus tard au profit de protections thématiques qui ont laissé de côté bien des édifices qui méritaient d’être protégés au titre des Monuments historiques. C’est aujourd’hui la disparition des Commissions départementales des Objets Mobiliers, accusées de trop protéger, qui est programmée, sans tenir compte du travail qui était accompli avec les élus des départements et des communes.

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Maurice Scellès montre deux photographies récentes de la cour du 56 rue du Taur. La galerie du XIVe siècle a un bien triste aspect depuis le traitement qu’elle a subi en 2003 à l’occasion de l’installation de l’ESAV dans les bâtiments de l’ancien collège de Périgord, dont la tour Mauran. On peut douter qu’entre Saint-Sernin et la place du Capitole, un guide ait envie d’entraîner un groupe de visiteurs dans la cour encombrée de voitures pour la lui faire découvrir. La galerie opposée sert de lieu de stockage à un bric-à-brac de matériaux divers utilisés par les élèves de l’ESAV, qui font la démonstration de l’inadaptation des lieux à un usage que l’on a voulu y faire entrer en force. L’argument était la proximité de la Cinémathèque installé dans l’ancien collège de l’Esquile, dont on apprend aujourd’hui qu’elle pourrait déménager : les deux édifices ont donc été massacrés inutilement.

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