Société Archéologique  du Midi de la France
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SÉANCE DU 21 FEVRIER 2017

Séance privée
separateur

Communication de Jean PENENT :
Un peintre mystérieux : Jean François (Le Puy-en-Velay – Paris, 1650).

Le Languedocien Jean François (Le-Puy-en Velay 1580 - Paris 1650) est le frère cadet de Guy François qui dirige seul l’atelier de leur ville natale. Sa carrière se déroule en grande partie à Rome où il est reçu à l’Académie de Saint-Luc en 1620 (un an après Simon Vouet avec qui il est en contact) mais il collabore aussi avec son frère lors de ses séjours au Puy. En l’absence de signatures, c’est précisément cette circonstance qui pourra nous permettre de l’identifier. L’accumulation des éléments stylistiques recueillis nous conduira à tenter de découvrir son œuvre italien.


Présents : MM. Cazes, Président, Scellès, Directeur, Ahlsell de Toulza, Trésorier, Cabau, Secrétaire général, Mme Napoléone Secrétaire-Adjoint ; Mmes Andrieu, Cazes, Merlet-Bagneris ; MM. Balty, Julien, Peyrusse, Pradalier, membres titulaires ; Mme Balty ; MM. Penent, Sournia, membres correspondants.
Excusés : M. Péligry, Bibliothécaire-Archiviste ; Mmes Bessis, Queixalos, Pradalier, Vallée-Roche ; MM. Debuiche, Garland, Garrigou Grandchamp, Latour.
Invitée : Mme Sophie Duprat.

Anne-Laure Napoléone donne lecture du procès-verbal de la séance du 7 février 2017 qui est adopté après quelques modifications.

Le Président annonce à l’assemblée le décès de notre consœur Yvette Carbonell-Lamothe :

« Ce soir, je dois avant tout vous faire part d’une bien triste nouvelle : le décès, au début de la semaine dernière, d’un de nos membres, Yvette Carbonell-Lamothe, maître de conférence honoraire d’histoire de l’art médiéval des Universités de Toulouse et Perpignan, conservateur honoraire des antiquités et objets d’art du département des Pyrénées-Orientales. Ses obsèques ont eu lieu vendredi dernier 17 février à Canet-en-Roussillon.
Yvette Carbonell-Lamothe avait été élue membre correspondant de notre Société en 1975, avant d’en devenir membre titulaire en 1977, en y jouant un rôle important jusqu’en 1992, année où elle rejoignit les rangs des membres libres. Ce furent donc quarante-deux ans de présence au sein de notre compagnie. Son éloignement géographique de Toulouse, lorsqu’elle s’installa à Céret, ne l’empêcha jamais de s’intéresser à nos travaux, qu’elle suivait de près, donnant souvent son avis sur tel ou tel aspect des communications et des recherches qui s’y succédaient.
Beaucoup d’entre nous l’ont connue dès les années soixante et soixante-dix du XXe siècle, lorsqu’elle était maître-assistant du professeur Marcel Durliat, au sein de l’Institut d’art et d’archéologie de Toulouse, 56 rue du Taur, qui dépendait de la Faculté des Lettres. Un institut qui allait ensuite se fondre dans l’Unité d’enseignement de recherche d’histoire, géographie et histoire de l’art de la future Université du Mirail. Avec Marcel Durliat, elle y contribua à l’enseignement de l’histoire de l’art médiéval. Les deux enseignants étaient parfaitement complémentaires et partageaient, avec des personnalités cependant différentes, le même enthousiasme pour cette discipline. Elle joua auprès des étudiants, dont plusieurs d’entre nous étaient alors, un rôle fondamental, leur imposant d’emblée l’idée, qui lui était très chère, que l’on ne pouvait étudier l’art du Moyen Âge occidental sans connaître également les arts médiévaux byzantin et de l’Islam. Il ne s’agissait pas que de paroles :Yvette Carbonell-Lamothe déploya alors une activité intellectuelle et une curiosité considérables pour alimenter ses cours et travaux pratiques sur ces trois domaines de l’histoire de l’art médiéval. Cela doit être souligné, car cela n’existait pas alors dans toutes les universités.
Ses séances de travaux pratiques, en salle ou dans les musées et monuments, étaient passionnantes et interactives avant l’heure, mêlant ses cours, ses explications sur les techniques, les dessins et exposés des étudiants, les questions et débats, les contrôles pas à pas des connaissances. Il y avait là un engagement envers les étudiants peu commun, avec le désir bien ancré de les faire réellement progresser. Yvette Carbonell-Lamothe suivait de près ses étudiants, même bien après l’obtention de leurs diplômes, en les épaulant dans leurs travaux d’histoire de l’art et d’archéologie, jusque dans la recherche d’un emploi. Avec elle, et tant son énergie et sa volonté étaient grandes, le découragement était impossible : elle poussait à aller toujours de l’avant, dans la défense d’une histoire de l’art qu’elle voulait sans cesse promouvoir.
D’autres parmi nous en témoigneront ce soir et compléteront cette première et rapide évocation d’une personnalité qui fut évidemment encore plus riche. Michèle Pradalier-Schlumberger, qui fut la plus proche d’elle professionnellement, absente ce soir, pourra plus tard apporter quantité d’autres informations pour que notre Société puisse garder d’Yvette Carbonell-Lamothe et par écrit un portrait plus complet, plus fidèle. Henri Pradalier aussi, qui va nous en parler dès maintenant, et tous ceux qui le désireront, même au milieu de l’émotion qui est la nôtre ce soir dans la pénible actualité de cette nouvelle. »

Henri Pradalier rappelle que c’est Yvette Carbonell-Lamothe qui l’avait fait entrer à la Société, ainsi que Guy Ahlsell de Toulza et Nicole Andrieu. Il se souvient d’une enseignante qui se préoccupait beaucoup de la carrière de ses étudiants, ayant à cœur de les aiguiller et de les soutenir, leur fournissant parfois la matière d’un article que aurait pu rédiger elle-même. Quitterie Cazes confirme ce trait de sa personnalité en rappelant un épisode qu’elle avait vécu alors qu’elle travaillait sur le site de Saint-Pierre-des-Cuisines.

Le Président fait lecture d’un courrier du Conseil Départemental de la Haute-Garonne accusant réception de la plaquette du projet pour le Grand Saint-Sernin et évoquant l’entreprise de mise en place de Via Garona. Il avise également les membres d’un courrier émanant de Gérard Pradalier demandant à la Société l’autorisation de publier les articles de Maurice Berthe parus dans les numéros spéciaux des Mémoires sur la Maison médiévale dans le but d’éditer un volume d’hommage à celui-ci dans la collection Méridienne. Il rappelle que les stocks des anciens numéros des Mémoires sont disponibles pour les membres qui désirent compléter leur collection ; il suffit d’en faire la demande au Bureau.
Louis Peyrusse fait don à la bibliothèque de la Société d’un ouvrage intitulé Regards sur les objets de la Mémoire (Actes sud/ACAOAF, 2016).
Le Président rappelle que la prochaine séance du 28 février a été ajoutée pour permettre aux membres d’examiner et de sélectionner, parmi les travaux que nous avons reçus, ceux qui méritent d’être primés par la Société. Le Trésorier a fait imprimer de nouveaux diplômes pour les candidats qui seront primés ; ils sont plus simples et de format plus réduit que les précédents.
Il invite enfin chacun de nous à lui envoyer d’ores et déjà des propositions de communications pour l’année académique 2017-2018.

Pascal Julien rend compte de la candidature d’Adriana Sénard, Celle-ci est élue membre correspondant de notre Société.

Le président donne ensuite la parole à Jean Penent pour une communication sur Un peintre mystérieux : Jean François (Le Puy-en-Velay 1580– Paris, 1650) .

[résumé à venir]

Le président remercie Jean Penent de nous rendre compte de la difficile entreprise de distinction des tableaux des deux frères François dans laquelle il s’est engagé, il note en outre que ses arguments stylistiques sont convaincants. Également passionnants sont les détails trahissant les influences des rencontres faites à Rome comme dans le tableau du Reniement de Pierre. Bernard Sournia demande au conférencier s’il a bien attribué ce tableau à Jean François. Pour Jean Penent, les anonymes « Pensionante del Saraceni » et « Maestro del Giudizio di Salomone » sont les meilleurs candidats pour représenter l’œuvre romain de Jean François. En ce qui concerne le Reniement de la Galerie Corsini et Le Jugement de Salomon de la galerie Borghèse, la similitude entre les étranges têtes rondes féminines de ces tableaux et celle de la Vierge dans l’Adoration des bergers de Gannat est très surprenante. Mais il y a d’autres éléments… Louis Peyrusse avoue qu’il n’est pas très convaincu. Il demande si ces rapprochements ne peuvent pas être de simples copies de visages. Jean Penent répond que même si les deux frères travaillent ensemble, ils ont chacun leur personnalité et qu’il est assez facile de les distinguer dans leurs productions en France. Il ajoute qu’il est plus difficile de repérer le style de Jean François parmi les tableaux « romains ». Pascal Julien fait remarquer l’importance de la présence artistique française à Rome à cette époque. Le conférencier confirme et poursuit que beaucoup de choses restent à découvrir pour ces travaux « romains » où plusieurs artistes traitent les mêmes sujets en même temps. Pascal Julien évoque la fameuse anamorphose de la Trinité des Monts due au père Emmanuel Maignan, minime toulousain, en relation avec le Saint François de Paule de Jean François, gravé par Claude Mellan.

Le président remercie le conférencier pour les précisions données et poursuit sur l’affaire Saint-Sernin. Il informe les membres que Le journal de Toulouse en ligne répercute les commentaires de personnes, dont certaines de renom (Actu côté Toulouse Histoire/Patrimoine à Toulouse, Un archéologue qui fouille est un archéologue qui « détruit les découvertes »). Ces commentaires de plus en plus nombreux sont lus et pèsent sur la Mairie. La Mairie et la DRAC font mine de se préoccuper de l’histoire de la ville en programmant la remise des ossements de Guillaume de Taillefer dans son tombeau. Il faut donc continuer à poster des commentaires et à faire des décryptages.


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