Société Archéologique  du Midi de la France
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SÉANCE DU 23 OCTOBRE 2018

Séance privée
separateur

Communication longue de Xavier Barral i Altet : « La translation d’une relique de Saint Bertrand à Saint-Bertrand-de-Comminges en septembre 1733 : ce qu’elle nous apprend sur le Moyen Âge  ».

Procession de la relique du Christ, Chronica maiora de Matthew Paris (1247), Cambridge, Corpus Christi College, ms 16, f. 215rLes translations de reliques constituent une pratique liturgique, populaire et identitaire, très fréquente pendant le Moyen Age et jusqu’à nos jours. Il s’agit de cérémonies qui engagent la communauté des chrétiens, générant de grands évènements de foule, qui sont source de foi, mais aussi d’économie. Les miracles qui accompagnent des déplacements à courte ou longue distance font l’objet de récits augmentés de légendes. Les fidèles veulent s’approcher du corps saint lors de son passage, et toucher la chasse, coffre ou reliquaire anthropomorphe qui contient les reliques. Une relation du XVIIIe siècle décrit un transfert de reliques de saint Bertrand à Saint-Bertrand de Comminges en 1733 et permet de rendre visible un événement qui dure plusieurs jours et qui nous fait revivre le Moyen Age.

 

 

Saint-Bertrand-de-Comminges, cathédrale, tombeau de saint Bertrand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Présents  : Mme Nadal, Présidente, Scellès, Directeur, Cabau, Secrétaire général, Mme Napoléone, Secrétaire-adjointe, Péligry, Bibliothécaire-archiviste, Ahlsell de Toulza, Trésorier ; Mmes Cassagnes-Brouquet, Cazes, Fournié, Haruna-Czaplicki, MM. Cazes, Garland, Garrigou Grandchamp, Lassure, Macé, Peyrusse, Sournia, Surmonne, Testard, membres titulaires ;
Mmes Czerniak, Sénard ; MM. Barral i Altet, Pousthomis, membres correspondants.

Excusés : Mmes Merlet-Bagnéris et Watin-Grandchamp, MM. Julien et Tollon.

Invités : Mme Catherine Réty, professeur en classes préparatoires au lycée Pierre-de- Fermat, Mme Oriane Pilloix et M. Emeric Rigault, doctorants en Histoire de l’art à l’université de Toulouse II - Jean-Jaurès.

La Présidente souhaite la bienvenue à notre nouveau confrère Xavier Barral y Altet et aux invités de cette séance, avant de demander la lecture des deux derniers procès-verbaux de l’année académique précédente ; ceux-ci sont adoptés par l’assemblée. Maurice Scellès précise que le procès-verbal de la séance foraine de Minerve est déjà en ligne, de façon à soutenir rapidement notre consœur Marie Vallée-Roche, qui œuvre en faveur de la sensibilisation au patrimoine de ce site, ainsi que la mairie de Quarante dans son action patrimoniale.
L’assemblée se réjouit d’apprendre que l’Académie de Carcassonne s’est enfin dotée d’un nouveau logo.

Énumérant le courrier adressé à notre Société, la Présidente nous donne lecture d’une lettre de remerciement de l’association de sauvegarde de l’abbaye de Grandselve et de son Président M. Froidure. Nous projetons d’organiser une séance foraine sur ce site au printemps prochain. Émilie Nadal nous annonce également que deux de nos invités, Oriane Pilloix et Émeric Rigault, nous ont envoyé une lettre de candidature pour devenir membres correspondants de notre Société. Puis elle nous présente quatre ouvrages donnés à notre Bibliothèque :
- cinq volumes sur Saint-Bertrand-de-Comminges (don de Jean-Louis Rebière) ;
- Les heures de Rabastens (don de Guy Alshell de Toulza) ;
- La céramique dans le territoire industriel de Martres-Tolosane à partir du XVIe siècle (don de Stéphane Piques) ;
- L’abbaye de Lagrasse. Art, archéologie et histoire (don de Nelly Pousthomis).
Maurice Scellès nous fait part ensuite de la décision du Bureau de modifier les dates de remise des travaux pour le concours indiquées sur le règlement intérieur. Il propose de les préciser chaque année sur la rubrique de notre site internet en fonction du nombre de candidats déjà présentés. Quitterie Cazes propose de mettre d’emblée la date limite au 10 janvier ; l’assemblée approuve cette proposition.
Émilie Nadal donne enfin la parole à Xavier Barral i Altet pour une communication intitulée La translation d’une relique de Saint-Bertrand à Saint-Bertrand-de-Comminges en septembre 1733 : ce qu’elle nous apprend sur le Moyen Âge.

La Présidente remercie notre confrère et lui demande quelle est la part de mythe dans le texte qu’il nous a présenté. Xavier Barral i Altet répond qu’il le croit parfaitement fidèle car les justifications apportées sont nombreuses. La longueur du récit de la translation, plus de cent pages, en fait par ailleurs un texte précis dans lequel est rapporté le nom de tous les témoins. En rappelant l’ouverture des châsses-reliquaires de Saint-Sernin, Michelle Fournié ajoute que ce type de cérémonie peut aussi être vécu de nos jours. Si on devine le Moyen Âge à partir de ce texte du XVIIIe siècle, demande Louis Peyrusse, quelle est la part de chacune de ces deux époques ? Le conférencier répond que le choix qu’il a fait de ce texte a été guidé par les fortes ressemblances qu’il y a reconnues avec ceux du Moyen Âge et qui dénotent une grande continuité. Jean-Michel Lassure évoque le site proche de L’Isle-Jourdain où sont passées les reliques ; il précise que les vestiges d’une église romane y ont été trouvés, mais que le résultat des fouilles n’a malheureusement pas été publié.
Pour rebondir sur l’histoire immobile dont ce texte semble être un témoignage, Daniel Cazes évoque la matérialité de ces cérémonies en se référant aux trésors des églises. Prenant l’exemple de celui que conservait Saint-Sernin, il regrette que l’oubli ait engendré l’abandon ou la disparition de nombreux objets durant une période que l’on peut situer entre 1880 et 1970. Xavier-Barral i Altet confirme le fait en évoquant le cas de la cathédrale du Puy-en-Velay.
Maurice Scellès demande des précisions sur le contexte de la publication du livre contenant ce texte, mais notre confrère avoue ne pas s’être penché sur la question. Emmanuel Garland fait observer que, la cité de Saint-Bertrand-de-Comminges ayant perdu son lustre au XVIIIe siècle, seul le culte de saint Bertrand pouvait maintenir les chanoines en place : c’est dans ce contexte qu’il faut sans doute imaginer la publication de ce livre. Patrice Cabau évoque le temps long et les témoignages sur le culte des reliques, qui paraît attesté dans la région de Saint-Bertrand-de-Comminges dès le IVe siècle. Xavier-Barral y Altet ne pense pas qu’il y ait eu là des particularités locales : on relève au contraire que cela se passait partout de la même façon.
La Présidente donne la parole à Guy Ashlell de Toulza, qui nous annonce, au titre des questions diverses, l’achat par l’Union des Académies d’un portrait de capitoul en pied : il s’agit d’Étienne Besset, capitoul en 1645, peint par Antoine Durand sur une toile de 2,02 m x 1,13 m. Il nous présente ensuite les armoiries de la ville de Toulouse, peintes au XVIIe siècle sur une planche qui a dû faire partie d’un décor de fête ou de cérémonie. Les deux peintures ont été acquises à Clermont-Ferrand.

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