Société Archéologique  du Midi de la France
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SÉANCE DU 02 MARS 2021

Séance privée
separateur

Communication de Stéphane Piques : La poterie peinte du Toulousain et les fouilles nord américaines des sites coloniaux du XVIIIe s.

À partir de la deuxième moitié du XVIe siècle, alors que les guerres de religion affectent le Sud-Ouest français, des potiers de la région toulousaine s’orientent vers la fabrication de vaisselle à décors peints. Des différents centres connus, l’historiographie s’est longtemps focalisée sur celui de Giroussens et ses célèbres plats décorés du XVIIe siècle puis sur celui de Cox probablement plus ancien. Les recherches menées ces 20 dernières années laissent entrevoir une production plus vaste autour de ce dernier lieu en Lomagne, en particulier dans le village de Montgaillard, mais aussi dans les Petites-Pyrénées à Cassagne.
C’est essentiellement sur ce dernier que portera mon propos. Deux lots de tessons issus d’une découverte fortuite et d’une prospection archéologique récente sur l’aire de diffusion de ce centre rendent possible aujourd’hui une meilleure connaissance de cette production décorée commingeoise.
À côté de cette actualité historiographique régionale, la relecture des fouilles menées dans les anciennes colonies françaises d’Amérique de l’époque moderne offre un nouveau regard sur cette poterie peinte. Elle permet de mieux appréhender les évolutions de certains décors et de mieux cerner son abandon. Plus encore, elle montre que cette production, pourtant si éloignée du système monde atlantique, n’en demeure pas moins connectée et en subit son influence.

 


Séance en viso-conférence

Présents  : M. Peyrusse Président, MM. Ahlsell de Toulza, Trésorier, Péligry Bibliothécaire, Cabau, Secrétaire général, Mme Napoléone Secrétaire-Adjointe ; Mmes Haruna-Czaplicki, Pradalier-Schlumberger, ; MM. Balty, Scellès, Sournia, Surmonne, membres titulaires ; Mmes Barber, Czerniak, Rousset ; M. Marquebielle, membres correspondants.

Le président ouvre la séance en regrettant le cadre de notre salle mais la visio-conférence permettra à notre société de continuer à fonctionner en attendant des jours meilleurs.
Au titre des courriers reçus, Louis Peyrusse signale un message électronique envoyé par notre confrère Pierre Garrigou Grandchamp relayant le trésorier de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne. Celui-ci a été en effet alerté par la vente vendredi dernier, chez Baratoux-Dubourg à Bordeaux, de vieux papiers comprenant des fonds de plusieurs familles, des copies d’actes de Saint-Sernin des XIVe et XVe siècles ainsi qu’un fonds de même provenance ayant appartenu à un chanoine au XVIIIe siècle. Daniel Cazes en a informé les Archives Départementales de la Haute-Garonne qui vont tenter d’acquérir ces lots.
Nous avons également reçu une lettre d’Agnès Carbonell, fille de notre consœur défunte Yvette Carbonell-Lamothe, nous annonçant qu’elle publie à ses frais des mélanges à la mémoire de sa mère et se propose d’offrir très aimablement un exemplaire de ce volume à chaque membre de notre Société.
Il signale ensuite qu’en testant aujourd’hui le fonctionnement du vote à partir du logiciel de visio-conférence que nous utilisons, dans le cadre de l’attribution du prix de Clausade, nous pourrons ensuite programmer aux séances prochaines, le renouvellement des membres du bureau dont le mandat est terminé, donner quitus au trésorier, et élire deux membres titulaires et un membre correspondant.
Le président voudrait enfin que nous discutions de la publicité à donner à l’enregistrement des futures séances qui se tiendront en visio-conférence. Il faudrait selon lui ne diffuser que la partie conférence avec, bien entendu, l’accord préalable de l’auteur. Les discussions qui suivent faisant l’objet d’un compte-rendu, il n’est pas nécessaire, pense-t-il, de prolonger la diffusion au-delà.

Enfin, le président donne la parole à Stéphane Piques pour une communication longue : La poterie peinte du toulousain et les fouilles nord-américaines des sites coloniaux du XVIIIe siècle.
Louis Peyrusse remercie notre confrère de nous avoir parlé de façon très savante des petits sites de notre région et de nous avoir fait découvrir ceux situés en Amérique du nord. Il se dit surpris par la diffusion de ces objets de la culture matérielle assez élémentaires. Cependant l’arrière-plan économique et culturel que l’on voit se dessiner derrière constitue sans doute l’aspect le plus intéressant. Il demande enfin à notre confrère où en sont les fouilles nord-américaines. C’est dans les années 1960-1970, répond Stéphane Piques, que les Américains se sont surtout intéressés à la culture matérielle des premiers sites coloniaux, leurs préoccupations se tournent désormais vers les sites ruraux – livrant peu de matériel – et sur les traces des cultures existant antérieurement à l’arrivée des français (Canada).
Guy Ahlsell de Toulza souligne l’intérêt des recherches nord-américaines et du croisement des données sur ce type de céramique qu’il a été possible de faire. En effet, rappelle-t-il, les études sur les ateliers de Cox et de Giroussens sont relativement récentes. Elles ont suscité la création de la collection du Musée de Rabastens qui sert désormais de référence pour les productions décorées. L’apport le plus important aujourd’hui est de savoir que ces poteries produites par une multiplicité de petits ateliers entre les Pyrénées et la Lomagne, en dehors des deux sites phares, ne sont donc pas seulement destinés à un usage local mais peuvent aussi avoir été expédiées (après commande) jusqu’à Bordeaux et acheminées en bateau vers le nouveau monde. Un autre aspect intéressant révélé par les fouilles nord-américaines est le mélange hétéroclite de céramiques provenant de différents ateliers du sud-ouest de la France, mais aussi de la faïence anglaise et de la compagnie des Indes trouvées dans les mêmes strates. L’intérêt est également chronologique ajoute Stéphane Piques, car ces fouilles ont montré que les différentes productions jusque-là placées dans des phases successives sont en réalité contemporaines et des datations bien plus précises ont pu être attribuées puisque l’arrivée des Anglais au Canada constitue un terminus. La grande variété de céramiques laisse aussi entrevoir l’existence de réseaux qui se croisent (militaires, approvisionnement de la colonie) pour remplir les bateaux. Il manquait enfin à cette étude, poursuit notre confrère, des données provenant des États-Unis où les chercheurs ne paraissent pas avoir identifié cette céramique comme semblent le confirmer les premiers échanges à ce sujet faits durant le confinement.


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