Séance du 16 juin 2026

Communication longue de Christian Mange Le peintre André-Pierre Lupiac (1873-1956) : artiste vrai 

La communication porte sur le peintre Lupiac, un artiste prolifique actif à Toulouse dans le premier XXe siècle. Elle bénéficie de l’exploration inédite des archives familiales (riche fonds d’atelier peint et dessiné, correspondances diverses, documentation personnelle de l’artiste …), apportant ainsi un regard nouveau sur sa biographie et son œuvre.

Plusieurs aspects sont particulièrement étudiés : Lupiac a prolongé à Toulouse le goût de la grande peinture d’histoire, proposant à ses contemporains une relecture vivifiante de l’antiquité et de la mythologie ; ces toiles de grands formats où la dimension érotique est assumée ont été pour la plupart exposées à la Société des Artistes méridionaux dont l’artiste a été un membre fondateur en 1905. Il réalise, par ailleurs, une œuvre monumentale en participant à l’embellissement de certains édifices emblématiques de la cité, comme la salle du Conseil municipal et l’église Saint-François d’Assise. Enfin, artiste combattant lors de la Grande Guerre, confronté à la question du style pour rendre compte de la vérité d’un conflit mondial, il réalise une série exceptionnelle de fusains remarquables.

Signalons que « cette recherche Lupiac » donne lieu à une exposition tenue au musée du Vieux-Toulouse de juin à septembre 2026.

Les illustrations

Détail du Vent d’Autan, 1928, salle du Conseil municipal de Toulouse

Dans les barbelés, 1919, fusain et pastel, coll. part.

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Présents : Mme Czerniak, Présidente, Ahlsell de Toulza, Trésorier, Mmes Napoléone, Secrétaire générale, Machabert, Secrétaire adjointe, Mmes Ledru, Pradalier-Schlumberger, Watin-Grandchamp, MM. Mange, Penent, Peyrusse, Pradalier, Sournia, Surmonne, Testard, membres titulaires ; Mmes Imbert, MM. Foucault, Kerambloch, membres correspondants.

Excusés : Mme Balty, MM. Balty, Cabau, Garrigou Grandchamp, Peligry, Tollon.

Invitée : Mme Clémentine Souchaud, Cheffe de projet du Laboratoire d’Excellence « Structurations des Mondes Sociaux » (LabEx SMS) et webmestre de notre site.

La Présidente ouvre cette dernière séance de l’année académique et accueille chaleureusement Anne-Laure Imbert et Didier Foucault, élus récemment membres de notre Société. 

Au titre des courriers reçus, elle annonce que nous avons été destinataires d’un message de remerciement de la part de la famille de Jean Saboulard (le fermier qui gérait nos terres à Martres-Tolosane), décédé le mois dernier, et à qui nous avions envoyé une lettre de condoléances. 

Nous avons également reçu un courrier électronique de la secrétaire de la Société des Antiquaires de Picardie nous annonçant qu’elle met fin à nos échanges de publications, faute de place dans sa bibliothèque. Cette Société a décidé en effet de donner désormais la priorité aux publications concernant la Picardie. La Présidente fait remarquer que ce n’est pas la première à mettre un terme aux échanges de publications et pense que ce ne sera pas la dernière. Elle souhaite d’ailleurs que l’on fasse le point en bureau sur les échanges qui fonctionnent encore. Jacques Surmonne confirme que ceux-ci se réduisent année après année, pour des questions de place, de coût d’envoi et parce que nombreuses sont les sociétés qui publient désormais en numérique et, effectivement, elles se concentrent sur les publications régionales.

Virginie Czerniak nous informe ensuite que notre consœur Quitterie Cazes lui a fait suivre un message de Thierry Pecout (Directeur du comité de direction des Fasti Ecclesiae Gallicanae) au sujet de l’incendie survenu récemment à la médiathèque de Condom qui a détruit ou endommagé bon nombre de livres et de documents anciens. Celui-ci demande si des chercheurs ont consulté ces documents et pourraient aider à reconstituer les fonds ; il propose également l’aide des Fasti qu’il dirige. La Présidente demande alors aux membres présents si ce fonds leur est connu, malheureusement, aucun ne l’a déjà consulté. Louis Peyrusse déclare que l’incendie a pris dans la partie du bâtiment qui était en travaux, comme à Notre-Dame de Paris. Le plus grave selon lui est que le fonds ancien était mal inventorié et il n’y a pas d’informations précises sur les pertes subies. Virginie Czerniak suggère de poser la question à notre confrère Jacques Dubois qui a travaillé sur la cathédrale de Condom, et les archives la concernant, dans la perspective du Congrès archéologique du Gers.

La Présidente nous annonce enfin la soutenance de thèse de notre consœur Hortense Rolland Fabre qui s’intitule Ornementa et pratiques sociales dans les couvents dominicains et franciscains du sud-ouest de la France du XIIIe au début du XVIe siècle, le vendredi 26 juin à 9h00 à la Maison de la Recherche de l’Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès.

Virginie Czerniak laisse ensuite la parole à Clémentine Souchaud pour présenter le nouveau site internet de notre Société, actif depuis mardi dernier. Elle rappelle que le système qui régissait l’ancien site était devenu obsolète et qu’il a été difficile de trouver un technicien qui puisse faire le transfert.

Clémentine Souchaud raconte que cela fait maintenant un an que notre Présidente l’a contactée pour transformer notre site et cela a été une très grosse entreprise. L’ancien site étant actif jusqu’à la semaine dernière, elle a travaillé pendant une année sur un « site test ». Elle dit avoir œuvré à réduire le nombre de pages pour faciliter la lecture et la consultation en créant des « sous-pages », sans bien sûr enlever d’informations. Elle a par exemple regroupé certaines pages par des systèmes « d’accordéons ». Elle précise ensuite qu’elle a vérifié tous les liens. Quand l’ancien site a été écrasé, elle a pu constater que certaines écritures ont bougé, elle va donc s’atteler à tout vérifier pour réajuster les petites migrations. Elle doit également rencontrer la Secrétaire adjointe et la Secrétaire générale pour leur apprendre à insérer les annonces de communications et les comptes rendus des séances. Enfin, elle annonce que la réalisation de podcasts pour enrichir notre site l’intéresserait beaucoup.

La Présidente rappelle les conditions dans lesquelles ont été faits les premiers podcasts. C’est d’ailleurs en voulant les rendre actifs sur notre ancien site que l’on s’est rendu compte que le système qui gérait celui-ci était obsolète. Cependant, ces podcasts ont été vus depuis leur publication sur la chaine YouTube et elle a eu un certain nombre de retours qui nous encouragent à poursuivre. Malheureusement, nous n’avions plus de techniciens pour les faire. La proposition de Clémentine Souchaud tombe donc à point nommé. Virginie Czerniak compte discuter des détails et du financement en bureau avant de soumettre aux membres le cadre de l’intervention de notre webmestre ; elle rappelle que le matériel de prise de vue a déjà été acheté. Elle pense que ce sera un outil important dans la perspective de 2031 pour rendre la SAMF visible à ceux qui ne la connaissent pas. Par ailleurs, le nouveau délégué à la culture scientifique et aux musées a demandé à rencontrer la Présidente de la SAMF le 7 juillet, pour l’entretenir de notre Société, elle pense que la création de ce système de communication l’intéressera. Il faut donc que les membres recommencent à penser aux sujets qu’ils pourraient présenter.

Dominique Watin-Grandchamp déclare avoir envoyé de nombreux chercheurs ou étudiants vers la SAMF, ou sur le site, pour des sujets intéressants et divers. La Présidente confirme que nous recevons sur notre boîte mail des messages de demande d’informations de toutes sortes, redistribués aux membres spécialistes et lus en séance.

La Secrétaire générale rappelle que certaines rubriques du site ont besoin d’être réactualisées et complétées et espère que cela pourra se faire rapidement. 

Pour finir, l’assemblée remercie Clémentine Souchaud pour son travail.

La parole est ensuite laissée à Christian Mange pour la communication longue du jour, Le peintre André-Pierre Lupiac (1873-1956) : artiste vrai.

Virginie Czerniak remercie notre confrère de nous avoir fait découvrir ce peintre surprenant. Elle a notamment été surprise par la représentation de Saint Antoine soumis à la tentation, qui exprime une forme de lubricité qui semble omniprésente dans son œuvre. Elle le trouve par ailleurs meilleur dessinateur que peintre, ses dessins de guerre sont d’une grande force et d’une virulence dramatique ; on sent l’homme meurtri voire détruit par la violence des combats. Christian Mange répond que c’est là une parenthèse expressionniste dans sa production puisqu’il revient ensuite à ses schémas formels académiques.

Céline Ledru demande si les dessins de guerre n’ont pas pu être exécutés par son fils. Notre confrère répond qu’ils sont bien signés d’André-Pierre Lupiac, il n’y a donc pas de confusion possible. Par ailleurs, ces dessins figurent sur une liste d’œuvres dressée en 1919. Bernard Sournia se dit, pour sa part, étonné par la discontinuité de cette œuvre, chaque tableau proposant une démarche nouvelle et sans cohérence avec le précédent. Il n’arrive pas à percevoir un cheminement sur le plan artistique. Il est également surpris par la disproportion de certains de ses personnages : il pense en particulier à celui que l’artiste a figuré sur la couverture des Poèmes païens qui a une tête minuscule et des jambes immenses de sauterelles lui paraissant l’effet d’une pure maladresse. En revanche, il a beaucoup aimé son paysage représentant un énorme nuage sur la campagne et il regrette que l’artiste ne se soit pas accroché à cette inspiration.

Reprenant les termes du conférencier, Louis Peyrusse est lui aussi frappé par les disparités temporelles et l’ironie dans la représentation de l’histoire. Cependant, une partie de son œuvre est prise dans ces disparités temporelles. Après 1918, poursuit-il, même s’il est question d’un retour à l’ordre, l’artiste est en déphasage total par rapport à l’évolution générale. Il y a visiblement un oubli tranquille de la civilisation de l’Art Déco, ou bien elle est excessivement timide. Ce n’est pas le premier artiste, conclut-il, qui s’inscrit contre son temps.

La Présidente demande si notre confrère a eu accès à des sources épistolaires qui permettraient de mieux connaître le tempérament de l’artiste. Cette disparité ne serait-elle pas due à un caractère curieux de tout ? Christian Mange dit avoir eu accès à sa correspondance et confirme qu’il s’agit d’un artiste éminemment curieux, qui absorbe les styles et qui a une culture visuelle étonnante. Il a d’ailleurs conservé chez lui toute une documentation et une collection de plâtres dont il se sert. Il conserve également toutes sortes de magazines, des centaines de cartes postales. Mais surtout – et il reconnaît avoir limité les vues –, c’est un artiste de paysages (des centaines de tableaux sont conservées au musée du Vieux Toulouse) et de nus académiques.

Notre Trésorier rappelle que trois tableaux de Lupiac sont dans la salle Clémence Isaure et actuellement en prêt pour l’exposition du musée du Vieux Toulouse.

Virginie Czerniak donne la parole à Céline Ledru qui intervient au titre des questions diverses pour recueillir notre avis sur une maison aveyronnaise pour son propriétaire. Sa maison se trouve aux Pinsettes, un hameau près de Verrières, au nord de Millau. Elle montre des photographies et précise que le propriétaire serait prêt à accueillir un étudiant pour qu’il fasse une étude historique et architecturale de sa maison. Il s’agit d’un corps de ferme ; à l’intérieur, une cheminée porte la date de 1759. Dominique Watin-Grandchamp renvoie notre consœur aux publications des ATP où il peut y avoir une fiche sur l’édifice, mais aussi à l’Inventaire où elle trouvera au moins une bibliographie qui lui donnera des indications typologiques (maison double avec double pignon et porche complètement intégré dans le bâti). Elle pense que ce genre d’édifice perdure jusqu’au début du XXe siècle et qu’il n’y a pas beaucoup d’évolution dans ce type d’architecture. Notre Trésorier fait remarquer que l’étude de l’architecture rurale n’est plus à la mode. Il signale toutefois, avec Olivier Testard, une collection d’ouvrages éditée par Berger-Levrault dans les années 1970, intitulée Les maisons rurales de… (par région), qui est vraisemblablement consultable aux Archives Départementales. Notre Trésorier trouve par ailleurs que la date indiquée par la cheminée correspond tout à fait aux formes de l’architecture. 

La Présidente lève cette dernière séance de l’année académique en souhaitant un bel été aux membres présents.

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