Séance du 20 janvier 2026

Communication longue d’Émilie Nadal et Fernand Peloux, Un exemplaire du Speculum Sanctorale de Bernard Gui supplémenté par Pierre de la Jugie ? Une première analyse du légendier Lisbonne BN Alc. 447-449.

Communication courte d’Émilie Nadal Scriptorium. Un outil pour la transcription automatique des mémoires manuscrits de la SAMF.

La Bibliothèque nationale du Portugal conserve, en trois volumes, un curieux exemplaire des œuvres hagiographiques de Bernard Gui, qui n’a guère attiré l’attention des chercheurs. Sa consultation permet immédiatement d’y repérer, à plusieurs reprises, le nom de Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne (1347-1375), qui se présente comme l’auteur de deux textes. Le prélat a en outre laissé ses armoiries dans ces manuscrits qu’il a certainement commandités. Il a aussi augmenté le sanctoral de plusieurs saints qui étaient absents du légendier de Bernard Gui. Au moins cinq récits hagiographiques inédits, inconnus par ailleurs, apparaissent alors : ils permettent d’enrichir notre connaissance de l’hagiographie méridionale et prouvent une fois de plus l’intérêt particulier de cet archevêque pour l’hagiographie et le culte des saints.

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Présents : Mme Czerniak, Présidente, MM. Cabau, Directeur, Ahlsell de Toulza, Trésorier, Mmes Napoléone, Secrétaire générale, Machabert, Secrétaire adjointe ; Mmes Fournié, Ledru, Nadal, MM. Cazes, Garland, Garrigou Grandchamp, Peyrusse, Pradalier, membres titulaires ; MM. Foltran, Kerambloch, Peloux, Terrasson, membres correspondants.

Excusés : Mme Cazes, Haruna-Czaplicki, Pradalier-Schlumberger, Watin-Grandchamp ; MM. Testard, Depeyrot, Sournia, Tollon.

La Présidente ouvre la séance et annonce l’arrivée de quatre nouvelles candidatures pour le concours annuel de la Société. Tout d’abord, une thèse présentée par Juliette Bertaut : La céramique grise monochrome en Gaule méridionale. Identités, contacts et transferts entre les VIe et IVe s. av. J.-C (sous la direction d’Éric Gailledrat, Université de Montpellier Paul-Valéry). Jean Catalo sera consulté pour trouver un relecteur. Le deuxième envoi est un mémoire de master 1 de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse réalisé par Laurine Vatière : Fragments de fenêtres d’hôtels particuliers : un patrimoine oublié à resituer, les collections Renaissance du Musée des Augustins de Toulouse (sous la direction de Sophie Fradier et Savitri Jalais). Nous apprenons que la candidate va être récompensée par les Toulousains de Toulouse lors de leur Assemblée générale annuelle. Bruno Tollon ou Louis Peyrusse vont se charger du rapport pour cet ouvrage. Daniel Cazes rappelle à la Présidente qu’il a toujours été d’usage au sein des séances ordinaires de la Société archéologique du Midi de la France de faire circuler autour de la table les ouvrages reçus, afin que l’ensemble des membres puisse en prendre connaissance. Après leur présentation, les volumes circulent. La Présidente nous informe avoir reçu deux autres candidatures par courrier électronique. Elle ne dispose pour l’instant que du fichier numérique de ces travaux, les versions imprimées sont en cours d’acheminement. Il s’agit d’une thèse soutenue par Anaïs Masquelier : L’architecture des tombes et leur insertion dans le paysage au sein des plaines de la Celtique Méditerranéenne au Second âge du Fer (sous la direction de Réjane Roure et Valérie Bel, Université de Montpellier Paul-Valéry). La relecture pourrait être confiée à Philippe Gardes. Enfin, Brandon Robidet soumet son mémoire de Master 2 : La Devèze : un domaine de l’Hôpital de Toulouse à Balma (XIIe – XIVe siècles) (sous la direction de Roland Viader, Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès). Henri Pradalier accepte d’être rapporteur de ce travail.

Puis la Présidente relaie l’invitation reçue de la part de la Présidente du Conseil départemental de l’Ariège, Madame Téqui, à la Journée départementale de l’Archéologie qui aura lieu le samedi 18 avril 2026 au parc de la Préhistoire à Tarascon-sur-Ariège.

Elle rappelle également que notre séance du 3 février sera dédiée à l’Assemblée générale. Il sera procédé à l’élection aux fonctions de Secrétaire général, de Bibliothécaire et de Président. Anne-Laure Napoléone et Virginie Czerniak sont candidates à leur réélection. Si d’autres membres titulaires souhaitent se présenter, ils sont invités à se manifester. D’autre part, Christian Péligry n’est plus officiellement Bibliothécaire bien qu’il continue généreusement, avec Jacques Surmonne, d’assurer la gestion de nos fonds. Catherine Peoc’h pressentie pour lui succéder devrait être disponible dans le courant de l’année 2026. Dans l’attente, tout membre volontaire pour effectuer l’intérim peut se signaler à la Présidente.

La Présidente précise enfin que la communication courte de Bernard Sournia sur Élie Lambert et les deux cathédrales sœurs de Bayonne et de León : éléments pour une datation, initialement programmée le 6 janvier, est reportée au 17 février.

La parole est donnée à Émilie Nadal et Fernand Peloux pour une communication longue : Un exemplaire du Speculum Sanctorale de Bernard Gui supplémenté par Pierre de La Jugie ? Une première analyse du légendier Lisbonne BN Alc. 447-449.

La Présidente remercie Émilie Nadal et Fernand Peloux pour cette double enquête. Elle est particulièrement intéressée par l’évocation de saint Antonin et l’iconographie, lacunaire, des peintures de la chapelle du Couvent des Jacobins. Malheureusement, une trentaine de scènes sont perdues : les épisodes encore lisibles s’interrompent au moment de la « décollation à Pamiers » et au moins 50 % du décor peint restent à compléter, rappelle Virginie Czerniak. Louis Peyrusse demande si l’intelligence artificielle peut être un outil efficient pour l’édition de vies de saints. Fernand Peloux cite un article paru le 14 janvier 2026 dans la revue Sciences et avenir (lien) relatant une expérience réalisée à partir de la bibliothèque numérique de l’IRHT, ARCA. Une transcription automatique des 30 000 manuscrits numérisés a été demandée au logiciel. Le résultat obtenu est mitigé, mais prometteur. Fernand Peloux souligne que, même en entraînant l’IA, il faudra toujours des spécialistes capables de lire et de contrôler les transcriptions. Il ajoute que, si tous les manuscrits de Bernard Gui étaient disponibles dans de bonnes transcriptions, notamment son œuvre majeure le Speculum sanctorale, un travail de chercheurs resterait à faire pour analyser le texte (et notamment identifier toutes les sources…).

Michelle Fournié demande si les ajouts de saints effectués par Pierre de La Jugie répondent à une logique ? Certains, comme saint Antonin, sont compréhensibles, mais la présence de saint Astier est plus surprenante. Notre consœur révèle avoir toujours pensé que la ligne directrice de l’archiépiscopat de Pierre de La Jugie était de récupérer, symboliquement, la gloire passée de la province de Narbonne, à la fois avec le titre de primat, mais aussi en récupérant, symboliquement, la province ecclésiastique de Toulouse arrachée à Narbonne en 1317. L’archiépiscopat de Pierre de La Jugie se situe en effet entre une et deux générations après cet événement. Le temps a suffisamment passé pour pouvoir évaluer les conséquences (de prestige, financières) de cette partition et tourner la page. La mention de saint Antonin de Pamiers s’inscrirait parfaitement dans cette démarche de Pierre de La Jugie, développe Michelle Fournié. Virginie Czerniak ajoute que, ainsi que l’a indiqué Émilie Nadal, une dimension très personnelle mobilise les prélats de cette époque. Quand Dominique Grima fait représenter la légende hagiographique de saint Antonin en quarante scènes – programme considérable dans la peinture méridionale – sa motivation est personnelle : saint Antonin est le saint patron de la ville dont il est l’évêque.

Pierre Garrigou Grandchamp demande : Pierre de La Jugie n’a-t-il pas d’ascendance limousine ? Émilie Nadal confirme. Notre confrère souligne alors l’importance des liens entre le Limousin et le Périgord ; l’imbrication territoriale des seigneuries serait à explorer.

Daniel Cazes revient sur le cas de saint Antonin et se souvient de ses échanges avec Jean-Luc Boudartchouk. Une de leurs questions récurrentes était de comprendre comment, dans le Midi de la France éprouvé par des razzias musulmanes, avaient été récupérés des saints de l’époque paléochrétienne. Antonin lui semble faire partie de cette lignée. Notre confrère pense alors à saint Vidian à Martres-Tolosane. Il rappelle que le site archéologique du centre de Martres est constitué d’une part d’une nécropole de ses sarcophages du IVe et Ve siècles, autour d’un martyrium. S’y superpose l’histoire d’un saint qui a combattu les Musulmans au VIIIe siècle. Il poursuit : pour saint Antonin, des éléments antérieurs à la date de 771 sont connus. Par exemple se pose la question de l’origine de son culte à Palencia, où se trouve une crypte parfaitement datée du VIIe siècle. Il cite également la présence de saint Antonin à Apamée en Syrie. Une église du Ve siècle est édifiée pour celui qui fut un « grand saint » de la ville dans l’Antiquité. Une église lui est aussi dédiée à Piacenza, en Italie. Daniel Cazes mentionne aussi les possibles translations : des reliques de saint Antonin auraient été récupérées à Apamée pendant les Croisades et amenées à Pamiers, alors Frédelas. Ces traces prouvent qu’il est possible de remonter plus loin que 771, malheureusement aucune source n’existe, conclut Daniel Cazes. Henri Pradalier mentionne une théorie concernant l’explication pour le martyre de saint Antonin renvoyant à une opposition entre Ariens et Nicéens au moment de l’occupation wisigothique de la région. Il ajoute qu’il y a sûrement eu une translation des reliques puisque l’on suppose que le monastère primitif était sur les rives de l’Ariège (l’église du Cailloup), puis les reliques ont été transportées dans le nouveau monastère édifié plus haut, sur le plateau. Henri Pradalier relate la présence au Mas-Saint-Antonin, exposée dans ce qui est devenu la cathédrale, d’une grebo, sarcophage vers lequel on montait. Cette existence est attestée par les textes. Fernand Peloux complète : des jalons certains sont établis. Les deux manuscrits de Madrid et de la Bibliothèque Vaticane montrent qu’un culte à un saint Antonin existe à Frédelas dès l’an 1000. La relique ne provient donc pas des Croisades puisque le culte est attesté avant. Notre confrère explique que l’origine en relation avec l’Orient est plutôt liée aux textes. En effet, dans le Haut Moyen Âge, les textes ont beaucoup circulé entre l’Orient byzantin et le monde latin. Les échanges sont particulièrement marqués dans le Midi de la France. L’histoire de ces saints est souvent ensuite recomposée et adaptée. Henri Pradalier pense qu’une explication peut se trouver également dans le déplacement d’une partie des moines byzantins vers l’Italie et ensuite, vraisemblablement, vers l’Espagne, la Catalogne et le Midi de la France après 1071 et la bataille de Manzikert, alors que les Turcs occupent l’Anatolie. Ainsi, il n’est pas exclu qu’une partie de la peinture catalane soit, indirectement par le filtre de l’Italie, d’influence byzantine, note notre ancien Président. Peut-être en est-il de même pour les manuscrits.

Émilie Nadal présente ensuite une communication courte : eScriptorium. Un outil pour la transcription automatique des mémoires manuscrits de la SAMF.

La Présidente remercie notre consœur pour la présentation de cet outil qui pourrait être un appui efficace dans la transcription de nos mémoires. Louis Peyrusse salue le chantier à venir. En effet, celui-ci concerne un ensemble de procès-verbaux manuscrits couvrant près de quarante années, renfermant des informations essentielles pour l’histoire de la Société, des monuments et des objets, lesquelles sont, de surcroît, pratiquement inédites. Dans la perspective de la célébration de deux siècles d’existence de la Société, la mise à disposition d’une version lisible, et interrogeable en plein texte, des compte-rendus des séances sera d’une aide précieuse.

            Au titre des questions diverses, Julien Foltran, associé à Anne-Laure Napoléone, présente une note d’actualité concernant une découverte archéologique à l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques. Notre confrère rappelle que l’édifice est en cours de restauration sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte du patrimoine Axel Letellier et la maîtrise d’ouvrage du CHU de Toulouse. La phase actuelle du chantier se situe sur l’aile orientale et englobe une cour intérieure. Ces travaux sont réalisés sous la surveillance archéologique de la société Hadès. Notre confrère en est le responsable d’opération. La découverte porte sur une fenêtre géminée déjà connue depuis les années 1980. En effet, notre Secrétaire générale avait étudié cet élément d’architecture en 1988 dans un article sur « les Maisons romanes de Toulouse » (Archéologie du Midi médiéval, tome 6, 1988, p. 123-138.). Dans le cadre des travaux, la fenêtre a été débouchée puisque le projet du maître d’ouvrage était de mieux restituer sa forme d’origine. La date de cette fenêtre géminée, couverte en arcs outrepassés, est attribuée au XIIIe siècle. À cette période apparaissent les premières mentions d’un hôpital implanté sur la rive gauche et appartenant au monastère de la Daurade, précise Julien Foltran. Le débouchage de la baie a permis de mettre au jour un chapiteau, une colonnette, une base, ainsi que, à l’arrière, une paire de volets en bois, constitués chacun de trois planches. Le bouchage extérieur qui a été retiré doit probablement dater du XVIIe siècle car les techniques de construction sont identiques à celles d’une aile perpendiculaire collée à ce mur et datée par un chronogramme, détaille notre confrère. L’état du chapiteau a été altéré lors du retrait des briques, qui étaient très humides, et la pierre s’est révélée un peu malade. Toutefois, des queues de reptiles entrelacées restent visibles. Des griffes sont également discernables. Ces éléments iconographiques laissent supposer qu’il s’agit d’une scène de combat entre des monstres et des lions. Les volets en bois se refermaient vers l’intérieur par un système de charnières. Des tiges et des anneaux, fichés à l’arrière du chapiteau et de la base, permettaient de verrouiller le système. Julien Foltran précise qu’aucun autre système de fermeture sur les fenêtres n’a été identifié. La forme du chapiteau et la tige métallique conservée sont très proches d’une fenêtre citée par Gilles Séraphin dans le premier volume de La maison au Moyen Âge dans le Midi de la France (MSAMF, hors-série 2002). Notre confrère a daté cette fenêtre de Lauzerte du XIIIe siècle.

Julien Foltran nous informe que le rapport rédigé consécutivement à la découverte des volets, qui devait rester confidentiel jusqu’à consolidation des résultats, a été publié sur le site du CHU (« Une découverte archéologique à l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques »). Les données ont été reprises par les médias qui l’ont décrite comme une découverte exceptionnelle et inédite (La Dépêche du Midi du 31 décembre 2025, France 3-Occitanie, le 10 janvier 2026…).

Notre confrère nous dévoile ensuite les résultats de datation par carbone 14 de trois prélèvements de bois effectués sur les volets : les intervalles chronologiques indiquent la fin du XIIIe siècle et le début du XIVe. Les recoupements nous placent autour des années 1290, complète notre confrère. Anne-Laure Napoléone fait remarquer que le XIIIe siècle n’est pas à exclure, pour la datation de cette fenêtre. Par ailleurs, la maison de la rue Croix-Baragnon, datant de la fin du XIIIe-début du XIVe siècles, dispose de crochets similaires à ceux observés à l’Hôtel-Dieu. Julien Foltran demande si une datation de la première moitié du XIIIe siècle pour la fenêtre et son chapiteau semble pertinente. La Secrétaire générale répond que ce type de chapiteau dit de style « roman tardif », ornés de monstres, se multiplie au XIIIe siècle, particulièrement dans l’architecture civile. Pierre Garrigou Grandchamp ajoute qu’il en existe beaucoup d’Agen à Moissac et jusqu’à Toulouse.

Les arcs outrepassés sont-ils aussi caractéristiques de la période ? demande la Présidente. Anne-Laure Napoléone précise que les arcs des fenêtres de l’Hôtel Maurand, unique édifice toulousain en briques daté du XIIe siècle, ne le sont pas. Pour les deux siècles suivants, les vestiges de fenêtres géminées que l’on trouve à Toulouse montrent toujours des arcs outrepassés. Un exemple de fenêtres identiques à celle de l’hôpital Saint-Jacques est connu à Gaillac sur la Tour de Palmata (datée d’avant le milieu du XIIIe siècle).

Pierre Garrigou Grandchamp souhaite savoir si des relevés des deux volets ont été réalisés. À ce jour, seul le relevé photogrammétrique est disponible, répond Julien Foltran. Il complète : les volets dépassent d’une dizaine de centimètres sur les côtés, d’une vingtaine de centimètres en haut et sont pris dans le bouchage en bas. Ils ne sont donc pas visibles en totalité. Le bouchage empêche de faire un relevé par l’intérieur. Comment étaient-ils assemblés à l’intérieur ? demande Pierre Garrigou Grandchamp. Julien Foltran décrit : les deux volets sont constitués de deux pans reliés par des pentures. Une charnière est fixée à l’intersection des deux pans. Le pan intérieur de chaque volet est composé de deux planches assemblées par des traverses en bois. La Présidente demande : un débouchage par l’intérieur est-il possible ? Julien Foltran indique qu’à l’arrière se trouve la chapelle du XIXe siècle, classée au titre des Monuments Historiques.

Aucun vestige médiéval n’a-t-il été repéré à proximité, sur les côtés ou dans l’angle ? demande Anne-Laure Napoléone. Julien Foltran explique que le pignon en retour a été complètement reconstruit ; toutefois il n’est pas exclu que l’aile perpendiculaire ajoutée au XVIIe siècle masque le prolongement sud du mur du XIIIe siècle avec, peut-être, des vestiges de fenêtres. Si c’était le cas, ces vestiges se trouveraient à l’intérieur du bâtiment du XVIIe siècle, sous les enduits.

Pierre Garrigou Grandchamp insiste sur l’intérêt d’effectuer un relevé des volets car les exemples de cette époque sont extrêmement rares. Il invite ensuite notre confrère à prendre contact avec Maurice Scellès qui a découvert, il y a deux ans à Foix, une fenêtre géminée murée avec des volets en place. Il s’agissait d’un mur de façade devenu mur de refend.

Julien Foltran nous informe que le projet est de reboucher la baie et que des réflexions sont en cours pour la dépose des volets, afin de garantir leur conservation (ils sont aujourd’hui soumis à des variations de température). Toutefois, cette opération pose de nombreux problèmes techniques.

Daniel Cazes se souvient que la fenêtre avait été attribuée à la première chapelle de l’Hôtel-Dieu, ce qui est peu vraisemblable pour une architecture religieuse. Il raconte avoir visité les sous-sols à plusieurs reprises avec Lise Enjalbert. Il avait observé à la base du mur pignon (face nord du bâtiment étudié) des traces d’arrachements de ce qu’il pense être deux contreforts. La partie basse du mur – reconstruit dans sa partie haute au XIXe siècle – lui a toujours semblé médiévale. Daniel Cazes émet l’hypothèse qu’il puisse s’agir des contreforts de la chapelle médiévale, qui a précédé l’actuelle et qui se situait beaucoup plus bas puisque l’étiage de la Garonne était à un niveau inférieur. Les problèmes de remontée des eaux sont donc à prendre en considération dans l’étude de ces bâtiments, note Daniel Cazes. Julien Foltran remarque que l’analyse est complexe car la zone de la partie basse du mur pignon a été largement refaite par l’architecte Voinchet. Cette intervention a effacé beaucoup de traces. Il reste un des vestiges évoqués par Daniel Cazes ; il peut ressembler à un contrefort ou un départ de mur perpendiculaire. À l’intérieur des petites caves accolées au mur, sous les enduits, d’autres traces pourraient être trouvées. Daniel Cazes conclut : il faut exclure totalement la théorie d’une fenêtre de la chapelle. Il semble qu’il s’agisse plutôt d’un bâtiment médiéval qui pouvait voisiner avec la chapelle. Pour autant sa fonction demeure inconnue. Julien Foltran complète : la fonction est difficile à affirmer, la fenêtre est-elle liée à l’hôpital mentionné dès avant le milieu du XIIe siècle ?

À titre de comparaison, Guy Ahlsell de Toulza renvoie au chapiteau du même type exposé dans la salle des séances de la Société et datant du milieu du XIIIe siècle. Daniel Cazes signale que des ensembles de ce type sont conservés dans les réserves du Musée des Augustins. Ces chapiteaux proviennent probablement de maisons médiévales et ont été récupérés lors de destructions opérées dans Toulouse. Ils avaient été étudiés par l’ancien conservateur, Paul Mesplé, dans un article qui avait fait débat, intitulé : « L’art roman décadent du Sud-Ouest » (Bulletin Monumental, tome 115, n° 1, année 1957, p. 7-22.).

Henri Pradalier dit son étonnement : la colonne ne semble pas concorder avec la base et le chapiteau, elle est décalée. Julien Foltran précise qu’une partie du chapiteau a disparu.

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