Présents : Mme Czerniak, Présidente, MM. Cabau, Directeur, Ahlsell de Toulza, Trésorier, Mmes Napoléone, Secrétaire générale, Machabert, Secrétaire adjointe ; Mme Ledru, MM. Catalo, Garland, Garrigou Grandchamp, Macé, Mange, Péligry, Penent, Peyrusse, Pradalier, Surmonne, Tollon, membres titulaires ; Mme Dumoulin, M. Kerambloch, membres correspondants.
Excusés : Mmes Balty et Pradalier ; MM. Balty, Depeyrot, Sournia, Testard.
La Présidente salue les membres présents et rappelle que la séance va être consacrée à la tenue de l’Assemblée générale de la Société.
Elle signale auparavant que la date d’envoi des travaux à présenter au concours 2026 de la SAMF étant passée depuis quelques jours, il est désormais possible d’établir une liste définitive des mémoires à relire :
1. Louise BETZ, Comportements et trajectoires techniques au Protoaurignacien. Analyse techno-morphométrique et des stigmates d’usage de la production lamino-lamellaire du sondage 2 de la grotte d’Isturitz, mémoire de Master 2 soutenu à l’Université de Toulouse-Jean-Jaurès, sous la direction de Nicolas Teyssandier et François Bon ;
2. Juliette BERTAUT, La céramique grise monochrome en Gaule méridionale. Identités, contacts et transferts entre les VIe et IVe siècles avant J.-C., thèse soutenue à l’Université Paul Valery de Montpellier, sous la direction d’Éric Gailledrat ;
3. Anaïs MASQUELIER, L’architecture des tombes et leur insertion dans le paysage au sein des plaines de la celtique méditerranéenne au second âge du fer, thèse soutenue à l’Université Paul Valery de Montpellier, sous la direction de Réjane Roure et Valérie Bel ;
4. Brandon ROBIDET, La Devèze : un domaine de l’Hôpital de Toulouse à Balma. XIIe – XIVe siècle, mémoire de Master 2 soutenu à l’Université de Toulouse-Jean-Jaurès, sous la direction de Roland Viader ;
5. Laurine VALIERE, Fragments de fenêtres d’hôtels particuliers. Un patrimoine oublié à restituer des collections Renaissance du Musée des Augustins à Toulouse ? mémoire de Master 1 soutenu à l’École d’Architecture de Toulouse, sous la direction de Sophie Fradier et Savitri Jalais ;
6. Laure BAGNERIS, Ainsi que le veut l’usage noble. Être noble dans la région toulousaine à travers les procès de l’ordre de Malte (1500-1632), thèse soutenue à l’Université Côte d’Azur de Nice sous la direction d’Anne Brogini ;
7. Delphine RABILLER, La colonie pénitentiaire et agricole pour mineurs du Luc dans le Gard, 1856-1929, mémoire de Master 2 soutenu à l’Université de Toulouse-Jean-Jaurès, sous la direction de Sylvie Vabre.
Elle fait ensuite passer parmi les membres l’ouvrage de Valérie Gaudard, Laure Courget, Manon Vidal, Térence Le Deschault de Monredon (dir.), La cathédrale Saint-Étienne de Cahors, 900 ans d’histoire, éd. Lieux Dits, 2024, donné pour notre bibliothèque par notre confrère Pierre Garrigou Grandchamp.
L’assemblée se constitue enfin en Assemblée générale et Virginie Czerniak lit le rapport moral de la présidence pour l’année 2025.
Chères consœurs, chers confrères,
il me revient, à la faveur de notre assemblée générale, et ce comme chaque année, de dresser le bilan de l’année académique 2025 depuis la dernière assemblée générale du mois de mars de l’année dernière, jusqu’à aujourd’hui. Ces douze mois furent ponctués de trois journées foraines dont le succès témoigne de l’inclination de notre institution pour la découverte in situ, un mouvement affectif qui a toujours été très fort au sein de la SAMF depuis sa création : les membres de la SAMF aiment le voyage, les visites, la découverte ou la redécouverte de sites et d’œuvres, et ce en groupe. J’avoue être personnellement particulièrement férue de ces journées partagées au cours desquelles nos échanges, intellectuels et amicaux, viennent renforcer notre sens du collectif. Cette collégialité n’est-elle pas en effet le cœur battant de notre institution ?
Ainsi avons-nous fêté le premier jour de l’été 2025 dans le Quercy, profitant des connaissances de Patrice Foissac et de Gilles Séraphin sur Saint-Cirq-Lapopie : nos deux précieux conférenciers nous ont offert une visite en duo d’anthologie. Une journée caniculaire au cours de laquelle les ruelles ombragées de la petite cité médiévale furent notablement appréciées, à l’instar des 12° constants des grottes du Pech Merle qui étaient à l’honneur l’après-midi, nous faisant ainsi passer du Moyen Âge au Paléolithique dans un raccourci chronologique qui reste une spécificité de nos travaux. Il nous faut souligner la qualité exceptionnelle de la visite qui avait été confiée à Gauthier Trumel, un jeune chercheur en art préhistorique œuvrant en tant que guide dans ces grottes lotoises. Son approche personnelle innovante nous a grandement convaincus et émus, j’ose le dire.
Nous sommes revenus dans le Lot pour la journée foraine de la rentrée académique avec le 4 octobre une visite axée sur l’architecture civile médiévale. Sous la direction d’Étienne Lallau, jeune et brillant archéologue fraîchement élu membre de la SAMF, nous avons exploré chaque recoin du Palais Via de Cahors, bénéficiant de l’expertise archéologique récemment réalisée dans la perspective de futurs travaux de réhabilitation. Cela fut complété l’après-midi par l’exploration, à la faveur d’une déambulation dans la ville de Clément Marot, des dernières découvertes en matière de bâti médiéval, sous la précieuse houlette de notre éminente consœur Anaïs Charrier. Après le Quercy, c’est le Rouergue voisin qui nous a accueillis le 25 octobre. Cette troisième journée, suggérée par notre Trésorier, Guy de Toulza, nous a fait passer de l’Antiquité à la peinture du XXe siècle, sans aucune transition ! Nous avons profité de l’érudition notoirement reconnue et appréciée de notre confrère Jean-Charles Balty, qui nous a présenté des portraits grecs et romains provenant du Musée du Louvre, exposés au Musée Fenaille du 7 juin au 2 novembre. Ce grand spécialiste du portrait antique nous a fait découvrir les rôles variés de cet art majeur, images du pouvoir, supports de mémoire ou offrandes aux divinités, nous avons grandement apprécié ces multiples visages. La seconde partie de la journée ruthénoise nous a plongés dans l’outre noir de Pierre Soulages dont l’œuvre entière fut consacrée à la quête de la lumière, ce que Christophe Hazemann, conservateur au Musée Soulages, nous a relaté avec un brio qui a emporté l’adhésion de tous les membres présents : nous sommes tous devenus fans de Soulages !
Outre ces belles journées foraines, le grand rendez-vous public de l’année fut également couronné de succès et la salle Clémence-Isaure était pleine pour la traditionnelle séance publique du mois de mars. Ce succès flagrant est à mettre au compte de la thématique de la conférence proposée par la SAMF. En effet, elle fut consacrée à la présentation, magistralement menée par Quitterie Cazes et Philippe Gardes en leur qualité de responsables scientifiques du projet éditorial d’un ouvrage destiné à rendre hommage à notre confrère Jean-Luc Boudartchouk. Une publication collective intitulée « Des Gaulois aux Carolingiens dans le sud de la France », initiée par l’INRAP, et à laquelle notre Société a contribué, intellectuellement, avec des contributions de nos membres, et aussi financièrement. La qualité de l’ouvrage bien sûr mais aussi la ferveur amicale des amis et collègues de Jean-Luc qui avaient répondu présents avec enthousiasme, ont contribué à la réussite de cette séance.
Celle-ci fut comme à l’accoutumée le cadre de la remise des prix de la Société Archéologique du Midi de la France. Dix-neuf mémoires ont été proposés au concours : une moisson tout à fait exceptionnelle ! Devant la quantité et surtout la qualité de ces travaux, le comité de lecture de la SAMF a décidé le dédoublement et la mutualisation des prix afin d’honorer quatre lauréats et trois médaillés. Nous nous réjouissons du succès de nos concours qui témoignent de l’attractivité de notre Société.
Un intérêt que nous aimerions davantage percevoir en interne….
Ainsi, constatons-nous que la commission pour le bicentenaire, ouverte à l’ensemble des membres de la SAMF afin de travailler sur les festivités de notre bicentenaire en 2031, ne suscite guère d’attirance au-delà des membres du Bureau. Nous avançons cependant, grâce à l’implication du Bureau, grandement aidé notamment par notre consœur Céline Ledru, très impliquée dans l’étude des contributions de la SAMF à la richesse des fonds du Museum. De fait, après six réunions de travail nous serons en mesure de proposer la semaine prochaine un « chemin de fer », selon le vocabulaire consacré des conservateurs de musée, à la directrice du Musée Saint-Raymond, un « chemin de fer » accompagné d’une liste d’œuvres. Nous formulons le vœu que le projet devenant plus concret puisse susciter l’intérêt requis pour une réalisation collégiale car les événements envisagés pour ce bicentenaire sont l’affaire de tous les membres de la SAMF.
Nous avions initialement ambitionné de corréler ces préparatifs pour le bicentenaire avec le dépouillement complet des bulletins et mémoires destiné à établir l’inventaire exhaustif des œuvres ayant transité d’une façon ou d’une autre – achat, prêt, donation, récupération – par notre Société avant d’intégrer les musées toulousains. Devant l’ampleur de cette tâche, qui est juste colossale, nous y avons renoncé. Cela étant, il serait important pour l’histoire de la SAMF que ce travail puisse être réalisé, mais cela se fera sur un temps long qui ne peut être en correspondance avec les travaux pour le bicentenaire car nous manquons de forces vives pour ce faire.
Après ce bilan général, concentrons-nous sur la teneur des communications de cette année. Des allocutions qui sont l’épine dorsale de la vie intellectuelle de la SAMF et qui furent, comme chaque année, et l’on ne peut que s’en réjouir, brillantes et variées.
Une fois de plus, le Moyen Âge a été particulièrement à l’honneur avec une douzaine de communications. La production de peintures de manuscrits a été mise en vedette avec l’évocation du travail d’Émilie Nadal sur la bibliothèque des Augustins de Toulouse ainsi que son étude en duo avec Fernand Peloux d’un nouvel ouvrage imputable à Pierre de la Jugie. Le célèbre archevêque de Narbonne, dont le pontifical était au cœur de la thèse d’Émilie, a en effet complété un légendier, le Speculum Sanctorale, confectionné par Bernard Gui entre 1312 et 1316. L’étude conjointe de ce manuscrit conservé à Lisbonne par nos deux éminents confrères se révèle passionnante, à l’instar de la découverte d’Hiromi Haruna Czaplicki, qui a pu identifier l’origine toulousaine d’un fragment de manuscrit détenu à Londres et initialement considéré comme bordelais. L’architecture civile médiévale cadurcienne a suscité notre intérêt au titre de l’expertise archéologique qu’Etienne Lallau a consacré au Palais Via, dans la perspective des travaux de restauration dont le bâtiment devrait faire l’objet, et qu’il a bien voulu partager avec nous. Grâce à Julien Foltran, nous avons bénéficié de la primeur de la découverte, au sein des bâtiments de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques en cours de restauration, d’une fenêtre géminée du XIIIe siècle, présentant deux beaux arcs outrepassés et surtout de rares volets datés par C14 de la fin de XIIIe siècle encore en place. S’agissant de l’architecture cultuelle, Hortense Rolland Fabre a partagé avec la SAMF l’avancée de son travail de thèse – elle soutiendra au mois de juin – consacrée aux couvents dominicains et franciscains d’un large Midi du XIIIe au XVe siècle en mettant en lumière le rôle des élites laïques au sein de ces communautés. Gilles Séraphin quant à lui a partagé ses propositions de jalons chronologiques au sein de la création architecturale du XIIe siècle dans l’Aquitaine orientale. La peinture murale fut à l’honneur avec une communication dédiée aux peintures de la collégiale de La Romieu, et l’iconographie avec le travail d’Emeric Rigault sur les chapiteaux de la crypte de Saint-Girons d’Hagetmau dans les Landes, département où nous sommes restés pour la seconde communication centrée sur des considérations iconographiques. Béatrice Prieur a en effet proposé une nouvelle lecture des peintures qui subsistent au sein de l’ancienne église des Jacobins de Saint-Sever.
L’histoire médiévale a été également mise en valeur par trois communications respectives : Sylvie Caucanas s’est intéressée aux femmes de la cité de Cordes tandis que Marie Vallée-Roche et Guillaume Terrasson nous présentaient deux ecclésiastiques distingués, respectivement l’évêque d’Angoulême et l’archevêque d’Auch. Ce dernier, Amanieu d’Armagnac fut propriétaire foncier et bâtisseur mais aussi un grand bibliophile.
Enfin, toujours pour le Moyen Âge, notre intérêt a été capté par une interrogation d’ordre technico-métrique suscitée par Michelle Fournié qui posa à notre Société la question suivante : combien mesure un palme ? La valeur de cette référence métrique, apparaissant dans les descriptions des châsses de Saint-Sernin, excitait grandement la curiosité de notre consœur. Patrice Cabau a su satisfaire cette soif de savoir en répondant scrupuleusement, conformément à son habitude et avec le sérieux qui le caractérise, qu’un palme mesurait huit pouces, allait du pouce au petit doigt tendus et équivalait à 22,451 cm !
Du côté de l’Antiquité, Pascal Capus a partagé avec nous ses recherches sur les sculptures de la villa de Chiragan, décelant l’importance des ateliers orientaux de l’Empire dans ces créations, notamment les ateliers d’Aphrodisias.
Pour la période contemporaine, c’est la production peinte qui fut à l’honneur. Le travail de Louis Boulanger conservé à Saint-Volusien de Foix nous fut présenté par Louis Peyrusse qui mit en avant l’adéquation du choix iconographique original du tableau représentant Saint Jérôme et les Romains fugitifs, un thème fort peu usité, avec l’actualité politique. En effet, l’évocation de ces Romains exilés fait écho à la mise au ban de son ami Victor Hugo alors contraint de vivre à Guernesey : une originale mise en miroir de l’actualité politique avec l’histoire biblique.
Christian Mange nous a permis quant à lui d’apprécier les peintures de Bernard Benezet à Notre-Dame du Taur, des œuvres monumentales considérablement mises en valeur par le tout récent travail de nettoyage et de restauration dont elles ont bénéficié.
Plus près de nous chronologiquement, ce sont les travaux picturaux de Paul Gervais et Paul Pujol pour la décoration du plus célèbre café toulousain de la Belle Époque, le café Sion, qui ont été dévoilés grâce aux recherches conjointes de Coralie Machabert et Pierre Catalo. Des toiles consacrées aux fêtes dionysiaques, une iconographie pour le moins en adéquation avec la destination des lieux, déposées dans les années cinquante et oubliées jusqu’à 2007, ont ainsi été sauvées de l’oubli.
Enfin, une des communications de cette année s’est révélée totalement diachronique, nous offrant la découverte d’œuvres allant de l’Antiquité à la période contemporaine grâce à l’évocation de la collection numismatique de Paul Narce. Une collection d’exception découverte fortuitement, dont l’histoire quasi rocambolesque nous a été racontée par les principaux acteurs de cette mise au jour, notaire et expert judiciaire.
Que tous ces brillants orateurs soient sincèrement remerciés pour leur participation active à la vie intellectuelle de notre Société !
Pour finir ce rapport moral, il nous faut évoquer le grand chantier de la refonte de notre site Internet amorcé cette année et confié à Clémentine Souchaud, notre nouvelle webmaster.
Le travail a été concrètement entamé. La structure générale du site d’origine a été maintenue, comme évoqué lors de la présentation de décembre au Bureau de la SAMF, et les pages principales ont été créées en respectant l’agencement initial. Sur la page d’accueil, les articles des dernières séances sont mis à jour régulièrement. La première partie du travail a été réalisée entre le mois d’août et le mois de décembre 2025. La deuxième partie du travail vient d’être achevée (création du menu et du sous-menu avec les pages « Publications », « Bibliothèque », « Dossiers et documents »). Le nouveau site est consultable en totalité, il convient maintenant de réaliser un grand nombre de réglages. En effet, une grande quantité d’informations sur tout le site internet doivent être vérifiées afin de s’assurer du bon fonctionnement des modifications : les copier-coller de textes, insertions des photos et des PDF, etc… Toutes ces vérifications faites, la quatrième tranche restera à réaliser en partenariat avec Jean-François Arrouy (A2R micro). Il s’agira d’écraser l’ancien site afin de récupérer l’URL et de le mettre sur le nouveau site.
En parallèle, Clémentine Souchaud prévoit prochainement une session de travail pour expliquer aux membres du Bureau comment créer des articles et gérer les ajouts sur le nouveau site. Elle mettra à notre disposition un document word support avec les explications nécessaires.
La refonte intégrale de notre site internet était absolument nécessaire, le système informatique utilisé au moment de sa création devenant totalement obsolète. Une obsolescence dont nous nous sommes rendu compte en cherchant à intégrer le lien vers notre chaîne YouTube. Cette dernière est pour l’heure en sommeil, mais Clémentine Souchaud souhaiterait, en parallèle avec son administration du site, en reprendre la gestion.
De belles perspectives pour la SAMF ! Nous nous réjouissons grandement de cette évolution numérique et nous félicitons d’avoir l’opportunité de travailler avec Clémentine Souchaud dont l’expertise se révèle extrêmement précieuse.
Puis c’est au tour de notre de Trésorier de dresser le rapport financier de notre Société.
Quitus est donné à Guy Ahlsell de Toulza pour son bilan ; le rapport moral de la Présidente et celui du Trésorier sont approuvés par les membres.
La Présidente se réjouit de cette gestion exemplaire des fonds de la Société qui assure notre indépendance. Dans la perspective de sa succession, Guy Ahlsell de Toulza signale aux membres que les comptes de la Société sont désormais saisis sur un tableau Excel.
On procède ensuite au vote de renouvellement des postes de Présidente et de Secrétaire générale. Les deux candidates sont réélues.
Virginie Czerniak donne enfin la parole à la Secrétaire générale pour une question d’actualité concernant les sondages de diagnostic effectués dans les caves de l’Hôtel Dumay.
Lors de la séance du 29 avril 2025, au titre d’une note d’actualité, une trouvaille effectuée dans les caves du Musée du Vieux Toulouse, alors en travaux, avait été présentée. Il s’agissait d’une fosse d’aisance maçonnée, reliée à un conduit dont la partie basse était visible. Cette fosse a depuis été comblée. Dans le cadre du projet d’aménagement de ces caves destinées à devenir des espaces d’exposition supplémentaires pour le Musée, il est prévu de décaisser le sol pour augmenter la hauteur de ces salles voûtées. Des sondages de diagnostics ont donc été prescrits. Ils ont été effectués sous la direction de Christophe Calmés, Archéologue à la cellule Archéologie de Toulouse Métropole. Quatre sondages ont été réalisés, répartis dans les trois salles de la cave. Le premier sondage a mis au jour une calade (ou un pavage en briques ?) qui, une fois retiré a laissé apparaître des couches de remblais très aérées au-dessus de couches de cendres déposées sur un niveau de sol, et des maçonneries sans liaisons avec les murs de la cave. Le second sondage a également fait apparaître des vestiges de maçonneries, la cendre étant toujours présente dans les couches au-dessus de briques cassées. Le troisième sondage a également révélé la présence de cendres, visibles aussi sur la base du mur latéral sur lequel s’élève la voûte. Enfin, le dernier sondage s’est avéré particulièrement intéressant puisque deux séries de couches sont apparues : les premières, dans la continuité des sondages précédents, montrent une importante quantité de cendre. Et les secondes sont constitués de remblais contenant du matériel antique au-dessus d’un niveau de sol. Au vu de la quantité de cendres trouvée, l’hypothèse d’un incendie a été formulée. Il faut attendre le rapport et les résultats des prélèvements donnés aux analyses de C14 pour avoir une idée plus précise des datations. Il a été proposé à Christophe Calmés de venir faire un compte rendu à la SAMF une fois son rapport achevé. Marie-Anne Sire également présente nous a informés que les résultats de ces fouilles feraient l’objet d’une publication.
Jérôme Kerambloch précise qu’Antoine Dumay avait acheté l’hôtel en 1590 ainsi que deux donnant sur la rue Saint-Rome en 1577. En 1598, il acquiert enfin celui se trouvant au sud de l’autre côté de la rue. Les sondages les plus intéressants se trouvent dans la cave sud puisqu’ils témoignent d’un niveau d’incendie très marqué que l’on retrouve sur l’ensemble de la cave. Le mur séparant la partie nord et sud de ce niveau est posé sur le niveau de cendre qui, en revanche, vient s’appuyer sur le mur est. Une partie du sol de la cave sud a été entièrement retourné au XXe siècle ; le sondage qui y a été fait a cependant permis de découvrir un mur ancien. Notre confrère ne sait pas s’il sera décidé de poursuivre ou d’élargir les investigations archéologiques. Il ajoute que le quartier a été touché par l’incendie de 1463 et le cadastre de 1478 signale encore des maisons brûlées à cet endroit-là. À la demande de la Présidente, Jérôme Kerambloch précise que ce sont des morceaux d’amphores bétiques qui ont été retrouvés dans le remblais situé près de l’escalier dans la cave nord. Ayant noté la présence d’une couche jaune très tassée dans la partie basse des sondages, Guy Ahlsell de Toulza demande s’il s’agit du sol vierge. En effet, c’est une couche qui a également été trouvée dans un autre sondage, répond Jérôme Kerambloch, et qui a été constatée ailleurs à Toulouse, selon les dires de Christophe Calmes. Notre Trésorier note que l’on est proche du cardo maximus, ce qui justifie sans doute la présence de matériel d’époque romaine. Il y a par ailleurs des vestiges de maçonnerie visiblement antérieurs à l’incendie de 1463. Concernant le projet de décaissement du sol, il est précisé que les portes reliant les différentes pièces de ce sous-sol, et dont les seuils ont été dégagés, ont été percées dans des murs préexistants.
Avant de clore la séance, la Présidente rappelle que les inscriptions pour les journées foraines à Lunel et Aigues-Mortes durant le week-end des 21 et 22 février sont closes. Elle remercie Valérie Dumoulin d’avoir bien voulu se charger de l’organisation de cette excursion.
