DIMANCHE 29 MARS À 16H00 : SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DU MIDI DE LA FRANCE.
Celle-ci aura lieu dans la grande salle de l’Hôtel d’Assézat (Place d’Assézat, 31000 Toulouse)
Au programme :
Allocution de la Présidente sur les activités de la Société durant l’année passée
Remise de prix à de jeunes chercheurs pour leur travail présenté au concours de la SAMF.
Conférence de Monsieur Henri Pradalier, Président honoraire de la Société, 1096 un pape à Toulouse. Consécration de Saint-Sernin
Séance publique SAMF 29 mars 2026 : discours de la Présidente
Monsieur le directeur des musées de Toulouse, chères consœurs et confrères, mesdames et messieurs,
Permettez-moi de vous souhaiter au nom de la Société Archéologique du Midi de la France la bienvenue pour notre traditionnelle séance publique de l’année.
Un rendez-vous qui permet à la SAMF de partager avec le public ses activités et ses centres d’intérêt.
Le programme de cette séance va s’organiser comme tel :
Allocution de la présidente
Remise des prix du concours de la SAMF dont la présentation sera assurée par Anne-Laure Napoléone, notre secrétaire générale et Coralie Machabert, notre secrétaire adjointe
Et pour finir en beauté la conférence d’un de nos présidents honoraires Henri Pradalier, consacrée à la consécration de la basilique Saint-Sernin de Toulouse en 1096.
Ainsi, quelles furent les activités de la SAMF au cours de l’année écoulée ?
Ces douze mois furent ponctués de trois journées foraines dont le succès témoigne de l’inclination de notre institution pour la découverte in situ, un mouvement affectif qui a toujours été très fort au sein de la SAMF depuis sa création : les membres de la SAMF aiment le voyage, les visites, la découverte ou la redécouverte de sites et d’œuvres et ce en groupe. J’avoue être personnellement particulièrement férue de ces journées partagées au cours desquelles nos échanges, intellectuels et amicaux, viennent renforcer notre sens du collectif. Cette collégialité n’est-elle pas en effet le cœur battant de notre institution ?
Ainsi, avons-nous fêté le premier jour de l’été 2025 dans le Quercy, profitant des connaissances de Patrice Foissac et de Gilles Séraphin sur Saint-Cirq-Lapopie : nos deux précieux conférenciers nous ont offert une visite en duo d’anthologie. Une journée caniculaire au cours de laquelle les ruelles ombragées de la petite cité médiévale furent notablement appréciées, à l’instar des 12° constants des grottes du Pech Merle qui étaient à l’honneur l’après-midi, nous faisant ainsi passer du Moyen Âge au Paléolithique dans un raccourci chronologique qui reste une spécificité de nos travaux. Il nous faut souligner la qualité exceptionnelle de la visite qui avait été confiée à Gauthier Trumel, un jeune chercheur en art préhistorique œuvrant en tant que guide dans ces grottes lotoises. Son approche personnelle innovante nous a grandement convaincu et ému, j’ose le dire.
Nous sommes revenus dans le Lot pour la journée foraine de la rentrée académique avec le 4 octobre dernier une visite accès sur l’architecture civile médiévale. Sous la direction d’Étienne Lallau, jeune et brillant archéologue fraichement membre de la SAMF, nous avons exploré chaque recoin du Palais Via de Cahors, bénéficiant de l’expertise archéologique récemment réalisée dans la perspective de futurs travaux de réhabilitation. Cela fut complété l’après-midi par l’exploration, à la faveur d’une déambulation dans la ville de Clément Marot, des dernières découvertes en matière de bâti médiéval, sous la précieuse houlette de notre éminente consœur Anaïs Charrier. Après le Quercy, c’est le Rouergue voisin qui nous a accueilli le 25 octobre. Cette troisième journée, suggérée par notre trésorier, Guy de Toulza, nous a fait passer de l’Antiquité à la peinture du XXe siècle, sans aucune transition ! Nous avons profité de l’érudition notoirement reconnue et appréciée de notre confrère Jean-Charles Balty qui nous a présenté des portraits grecs et romains provenant du Musée du Louvre, exposés au Musée Fenaille du 7 juin au 2 novembre derniers. Ce grand spécialiste du portrait antique nous a fait découvrir les rôles variés de cet art majeur, images du pouvoir, supports de mémoire ou offrandes aux divinités, nous avons grandement apprécié ces multiples visages. La seconde partie de la journée ruthénoise nous a plongé dans l’outre noir de Pierre Soulages dont l’œuvre entière fut consacrée à la quête de la lumière, ce que Christophe Hazemann, conservateur au Musée Soulages, nous a relaté avec un brio qui a emporté l’adhésion de tous les membres présents : nous sommes tous devenus fans de Soulages !
Outre nos sorties foraines, les différentes communications de notre année académique qui sont l’épine dorsale de la vie intellectuelle de la SAMF furent, comme chaque année, et l’on ne peut que s’en réjouir, brillantes et variées.
Pour rappel, ces allocutions se déroulent à huis clos entre membres mais les échanges qui en résultent sont systématiquement mises en ligne, dans les quinze jours suivant les séances, sous forme de PV des séances sur notre site internet grâce au travail des secrétaires de la SAMF, Anne-Laure Napoléone et Coralie Machabert. Vous pouvez ainsi suivre nos travaux quasiment en temps réel en amont bien entendu de la publication des communications dans nos Mémoires dont la régularité de publication et la qualité est à souligner.
Au cours de cette année académique 2025-2026, le Moyen Âge a été particulièrement à l’honneur avec une douzaine de communications. La production de peintures de manuscrits a été mise en vedette avec l’évocation du travail d’Émilie Nadal sur la bibliothèque des Augustins de Toulouse ainsi que son étude en duo avec Fernand Peloux d’un nouvel ouvrage imputable à Pierre de la Jugie. Le célèbre archevêque de Narbonne, dont le pontifical était au cœur de la thèse d’Émilie, a en effet complété un légendier, le Speculum Sanctorale, confectionné par Bernardo Gui entre 1312 et 1316. L’étude conjointe de ce manuscrit conservé à Lisbonne par nos deux éminents confrères se révèle passionnante, à l’instar de la découverte d’Hiromi Haruna Czaplicki, qui a pu identifier l’origine toulousaine d’un fragment de manuscrit détenu à Londres et initialement considéré comme bordelais. L’architecture civile médiévale cadurcienne a suscité notre intérêt au titre de l’expertise archéologique qu’Etienne Lallau a consacré au Palais Via, dans la perspective des travaux de restauration dont le bâtiment devrait faire l’objet, et qu’il a bien voulu partager avec nous. Grâce à Julien Foltran, nous avons bénéficié de la primeur de la découverte, au sein des bâtiments de l’hôpital de La Grave en cours de restauration, d’une fenêtre géminée du XIIIe siècle, présentant deux beaux arcs outrepassés et surtout de rares volets de la fin du XIIIe siècle encore en place. S’agissant de l’architecture cultuelle, Hortense Rolland Fabre a partagé avec la SAMF l’avancée de son travail de thèse – elle soutiendra au mois de juin – consacrée aux couvents dominicains et franciscains d’un large Midi du XIIIe au XVe siècle en mettant en lumière le rôle des élites laïques au sein de ces communautés. Gilles Séraphin quant à lui à partager ses propositions de jalons chronologiques au sein de la création architecturale du XIIe siècle dans l’Aquitaine orientale. La peinture murale fut à l’honneur avec une communication dédiée aux peintures de la collégiale de La Romieu et l’iconographie avec le travail d’Emeric Rigault sur les chapiteaux de la crypte de Saint-Girons d’Hagetmau dans les Landes, département où nous sommes restés pour la seconde communication centrée sur des considérations iconographiques. Béatrice Prieur a en effet proposé une nouvelle lecture des peintures qui subsistent au sein de l’ancienne église des Jacobins de Saint-Sever.
L’histoire médiévale a été également mise en valeur par trois communications respectives : Sylvie Caucanas s’est intéressée aux femmes de la cité de Cordes tandis que Marie Vallée-Roche et Guillaume Terrasson nous présentaient deux ecclésiastiques distingués, respectivement l’évêque d’Angoulême et l’archevêque d’Auch. Ce dernier, Amanieu d’Armagnac fut propriétaire foncier et bâtisseur mais aussi un grand bibliophile.
Enfin, toujours pour le Moyen Âge, notre intérêt a été capté par une interrogation d’ordre technico-métrique suscitée par Michèle Fournié qui posa à notre Société la question suivante : combien mesure un palme ? La valeur de cette référence métrique, apparaissant dans les descriptions des châsses de Saint-Sernin, excitait grandement la curiosité de notre consœur. Patrice Cabau a su satisfaire cette soif de savoir en répondant scrupuleusement, conformément à son habitude et avec le sérieux qui le caractérise, qu’un palme mesurait huit pouces, allait du pouce au petit doigt tendus et équivalait à 22,451 cm !
Du côté de l’Antiquité, Pascal Capus à partager avec nous ses recherches sur les sculptures de la villa de Chiragan, décelant l’importance des ateliers orientaux de l’Empire dans ces créations, notamment les ateliers d’Aphrodisias.
Pour la période contemporaine, c’est la production peinte qui fut à l’honneur. Le travail de Louis Boulanger conservé à Saint-Volusien de Foix, nous fut présenté par Louis Peyrusse qui mit en avant l’adéquation du choix iconographique original du tableau représentant Saint Jérôme et les romains fugitifs, un thème fort peu usité, avec l’actualité politique. En effet, l’évocation de ces romains exilés fait écho à la mise au ban de son ami Victor Hugo alors contraint de vivre à Guernesey : une originale mise en miroir de l’actualité politique avec l’histoire biblique.
Christian Mange nous a permis quant à lui d’apprécier les peintures de Bernard Benezet à Notre-Dame du Taur, des œuvres monumentales considérablement mises en valeur par le tout récent travail de nettoyage et de restauration dont elles ont bénéficié.
Plus près de nous chronologiquement, ce sont les travaux picturaux de Paul Gervais et Paul Pujol pour la décoration du plus célèbre café toulousain de la Belle Époque, le café Sion, qui ont été dévoilés grâce aux recherches conjointes de Coralie Machabert et Pierre Catalo. Des toiles consacrées aux fêtes dionysiaques, une iconographie pour le moins en adéquation avec la destination des lieux, déposées dans les années cinquante et oubliées jusqu’en 2007, ont ainsi été sauvées de l’oubli.
Enfin, une des communications de cette année s’est révélée totalement diachronique, nous offrant la découverte d’œuvres allant de l’Antiquité à la période contemporaine grâce à l’évocation de la collection numismatique de Paul Narce. Une collection d’exception découverte fortuitement, dont l’histoire quasi rocambolesque nous a été racontée par les principaux acteurs de cette mise au jour, notaire et expert judiciaire.
Que tous ces brillants orateurs soient sincèrement remerciés pour leur participation active à la vie intellectuelle de notre Société !
À côté de notre vie académique, nous organisons pour la deuxième année les séances régulières de la commission pour le bicentenaire, ouverte à l’ensemble des membres de la SAMF afin de travailler sur les festivités de notre bicentenaire en 2031. Nous avançons sur ce beau projet notamment grâce à l’implication des membres du bureau, grandement aidé notamment par notre consœur Céline Ledru, très impliquée dans l’étude des contributions de la SAMF à la richesse des fonds du Museum. De fait nous avons élaboré un « chemin de fer » selon le vocabulaire consacré des conservateurs de musée, qui servira de colonne vertébrale à l’exposition que nous ambitionnons de pouvoir présenter en partenariat avec le Musée Saint-Raymond.
Nous avions initialement ambitionné de corréler ces préparatifs pour le bicentenaire avec le dépouillement complet des bulletins et mémoires destiné à établir l’inventaire exhaustif des œuvres ayant transité d’une façon ou d’une autre – achat, prêt, donation, récupération – par notre Société avant d’intégrer les différents musées toulousains. Devant l’ampleur de cette tâche qui est juste colossale, nous y avons renoncé : la Société Archéologique a, depuis sa création, trop généreusement contribué à enrichir les musées de Toulouse !
Cela étant il serait important pour l’histoire de la SAMF que ce travail puisse être réalisé, mais cela se fera sur un temps long qui ne peut être en correspondance avec les travaux pour le bicentenaire.
Pour finir cette allocution, il nous faut évoquer le grand chantier inauguré cette année : la refonte de notre site Internet amorcée cette année et confiée à Clémentine Souchaud, notre nouvelle web master. Chef de projet, médiatrice scientifique, secrétaire de rédaction de revues scientifiques, cette jeune femme brillante détentrice de deux masters, a accepté de nous soutenir dans cette entreprise d’importance. En effet, désireux de créer un lien actif sur notre site permettant l’accès direct à notre chaîne Youtube, il s’est avéré que cette création était impossible en raison de l’obsolescence du système utilisé à l’origine du site internet de la SAMF. Une désuétude technique qui à terme se serait révélée fort risquée pour la pérennité des données archivées sur notre site Internet et accessibles au public. Il a donc été décidé avec l’intervention de Clémentine, la création d’un tout nouveau site dont j’ai le plaisir de vous présenter les premières images.
Le travail a été concrètement amorcé. La première partie du travail a été réalisée entre le mois d’août et le mois de décembre 2025. La deuxième partie du travail vient d’être achevée et le nouveau site sera consultable en totalité d’ici cet été. Un grand nombre de réglages sont en cours : une grande quantité d’informations sur tout le site internet doivent être vérifiées afin de s’assurer du bon fonctionnement des modifications : les copier-coller de textes, insertions des photos et des PDF, etc…Toutes ces vérifications faites, l’ancien site sera écrasé afin de récupérer l’URL et de le mettre sur le nouveau site.
La refonte intégrale de notre site internet était donc absolument nécessaire, surtout dans la perspective de notre bicentenaire et nous pourrons donc y intégrer un lien vers notre chaine YouTube. Cette dernière est donc pour l’heure en sommeil, mais Clémentine Souchaud souhaiterait, en parallèle de sa gestion du site, en reprendre la gestion, ce qui nous enchante.
De belles perspectives pour la SAMF donc et nous nous réjouissons grandement de cette évolution numérique !


