Communication courte de Diane Joy, Le château du Colombier à Salles-la-Source.
Communication courte de Patrice Cabau, Deux monuments funéraires du cloître des Augustins de Toulouse.
Le château du Colombier à Salle-la-Source
Le château du Colombier a fait l’objet d’une étude préalable en 2018. L’analyse monumentale a alors permis de dessiner les grandes lignes de l’histoire de la construction d’un château remarquable du Rouergue, très peu documenté comme nombre d’entre eux. Il s’est donc agi de proposer une première analyse des différentes campagnes de construction de l’édifice, aux XIVe, XVe et XVIIe siècles, et de contribuer à définir l’aspect de parties disparues en vue d’éventuels travaux.

SÉANCE DU 7 AVRIL 2026
Présents : Mme Czerniak, Présidente, MM. Cabau, Directeur, Ahlsell de Toulza, Trésorier, Mmes Napoléone, Secrétaire générale, Machabert, Secrétaire adjointe ; Mme Ledru, MM. Balty, Garland, Mange, Péligry, Peyrusse, Sournia, Surmonne, Testard, membres titulaires ; Mmes Balty, Joy, MM. Depeyrot, Séraphin, membres correspondants.
Excusés : Mme Fournié, MM. Cazes et Garrigou Grandchamp.
Invités : Pierre-Jean Trabon (architecte en chef des Monuments Historiques), sa collaboratrice Dorothée Carpentier, et Annaig Salaun (Chargée d’inventaire à la Direction du patrimoine de Toulouse Métropole).
La Présidente ouvre la séance et accueille Pierre-Jean Trabon, Dorothée Carpentier et Annaig Salaun, nos invités du jour.
Au titre des courriers reçus, elle fait passer parmi les membres une invitation de la Mairie de Toulouse à nous rendre à l’inauguration de la réouverture de la Cinémathèque, le 10 avril prochain à 18h00. Nous avons également été destinataires d’une invitation à l’exposition Ce que tu as vu dans ta nuit d’Eugène Gabritschevsky (1893-1979) qui se tient à l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue (28 mars -14 juin). La Présidente de l’Union des Académies, qui a organisé cette exposition, sollicite tout particulièrement les membres de la SAMF et Virginie Czerniak propose que l’on s’y rende éventuellement dans le cadre d’une séance foraine en juin.
Évoquant ensuite la séance publique du 29 mars dernier, la Présidente exprime sa satisfaction, ainsi que celle du Bureau, d’avoir vu la salle Clémence-Isaure totalement remplie. Elle en souligne l’importance car, pour la première fois, les invitations sur papier, jusque-là envoyées par la Poste, ont été entièrement abandonnées au profit de messages électroniques. Même si la réputation du conférencier a certainement joué dans le succès de cette séance, nous savons qu’il est désormais possible de poursuivre sur cette voie, économisant ainsi les fonds jusque-là utilisés pour l’envoi des invitations au profit de prix pour le concours ou de la maintenance de notre site internet.
Reprenant l’ordre du jour, Virginie Czerniak rappelle que nous devons élire aujourd’hui deux membres correspondants et donne la parole à Christian Péligry pour présenter la candidature de Catherine Peoc’h.
Puis elle la donne à Jean-Charles Balty pour présenter la candidature de Martine Joly.
À l’issue du scrutin, les deux candidates sont déclarées élues, à l’unanimité, membres correspondants de la SAMF.
La Présidente invite enfin Diane Joy à présenter sa communication courte sur Le château du Colombier à Salles-la-Source (Aveyron).
Elle remercie notre consœur pour cette présentation fort intéressante et demande si les maçonneries médiévales ou modernes ont conservé des vestiges de décors peints. Diane Joy répond qu’elle a pu repérer les traces d’un décor de faux-appareil dans les embrasures des baies. Les décors les plus complets se trouvent dans l’aile du XVIIe siècle ; ils sont cependant en très mauvais état de conservation. Ces vestiges de décors modernes pourraient faire l’objet d’un beau sujet de master note la Présidente ; elle demande encore si des restaurations sont prévues. Pierre-Jean Trabon répond que le propriétaire n’a pas les moyens pour l’instant d’engager des restaurations, alors que les toitures du bâtiment ne sont malheureusement plus étanches et que les infiltrations provoquent des dégradations importantes sur les décors. Celles-ci se mesurent d’ailleurs aisément en regardant les photographies prises il y a quinze ans de cela. Le château « vivote », poursuit l’architecte en chef, car il accueillait un parc animalier qui permettait de financer les travaux d’entretien mais, malheureusement, celui-ci a été fermé depuis quatre ou cinq ans. Quelques projets avaient été faits, notamment celui de la restitution de la galerie du XVe siècle dans la cour, les empochements des poutres étant tous conservés ainsi que la trace du larmier (pentes de toit connues), mais pour l’heure les travaux ne sont pas programmés. La Présidente demande si les décors de petites têtes sculptées qui ornent les baies (rappelant les muñecas de l’Alcazar de Séville) constituent un modèle connu ailleurs ? Diane Joy répond par la négative, mais pense que le château de Cadayrac (Salles-la-Source), tout proche, qu’elle n’a malheureusement pas pu visiter, possède des fenêtres géminées de ce type. Elle doit encore vérifier si les décors, qu’elle n’a pu observer que de loin, sont comparables.
Notre Trésorier constate que l’édifice n’est plus habité depuis son rachat au XIXe siècle et qu’il ne le sera jamais plus. Les gens habitaient Paris, poursuit-il, l’édifice était sans doute lié à une métairie et les récoltes étaient stockées dans les caves. L’avantage de cet édifice, dit-il encore, est qu’il n’a subi aucune modification de ses décors après la Révolution. Pierre-Jean Trabon précise que, lorsque l’édifice a été acheté par les propriétaires actuels, le projet de restauration avait pour objectif d’intégrer le château au circuit de visite – l’animation de la cour et la restitution des galeries en bois en faisaient d’ailleurs partie. Il explique que le propriétaire projetait de loger son fils dans l’aile nord. Il y avait donc une volonté d’adapter la fonction d’habitat à ce cadre (et non de détériorer le bâtiment pour y loger l’habitat) ; ce projet présentait un intérêt pour l’édifice qui aurait retrouvé sa fonction résidentielle et constituait donc un gage de pérennité. Actuellement, poursuit-il, on est dans un entre-deux, mais les projets ont été faits avec les services de la DRAC pour proposer un habitat circonscrit à l’aile nord. Guy Ahlsell de Toulza a vu sur Internet que le château était ouvert au public et a pu constater, par les panneaux explicatifs affichés dans les salles, que les propriétaires portaient un grand intérêt à l’édifice. Cependant, une habitation implique la mise en place de tuyaux d’évacuation et d’arrivée d’eau, l’installation d’une salle de bain, d’une cuisine, d’un système de chauffage… ce qui constitue tout de même un problème dans un bâtiment qui n’a pas subi de travaux depuis deux siècles.
Pierre-Jean Trabon répond que – bien que cela n’ait pas été présenté dans la communication –, les aménagements d’arrivées d’eau et autres existent déjà dans cette partie du bâtiment et que toute autre intervention pour aménager cet espace pour l’habitation aurait été faite sans blesser davantage le bâtiment. Notre Trésorier se demande encore si un projet d’habitation dans le château à l’heure actuelle peut être réellement envisagé.
Gilles Séraphin pense que cet ensemble d’édifices mis en « copropriétés » par coseigneuries ou partages familiaux constituent un sujet d’étude très intéressant qui mérite d’être approfondi. On commence à découvrir, en effet, ces constructions combinées qui rassemblent plusieurs projets, plusieurs logements, et que l’on avait du mal à comprendre à une époque où l’on pensait qu’un château n’abritait qu’une famille. Il note par ailleurs que la présentation faite par notre consœur est très positive mais qu’elle masque un nombre important de questions qui restent en suspens. En effet, dans le cadre d’une restauration, comment fait-on pour conserver dans l’édifice ces questions qui n’ont pas trouvé de réponse ? Sachant en plus que les réponses que l’on a pu apporter ne sont jamais définitives. Ce genre de débat devrait être abordé dans les écoles comme celles de Chaillot car il détermine les politiques de restauration, de mise en valeur et de conservation. Enfin, il voudrait revenir sur la vision utilitariste que vient de présenter Pierre-Jean Trabon, à savoir que le patrimoine ne peut être conservé que s’il a une fonction, et, dans le cas inverse, on risquerait de le perdre. De son point de vue, on est là dans la négation même du patrimoine. Si un objet est obsolète, on peut le jeter ou le conserver. Si on le conserve, c’est qu’on lui accorde une valeur qui n’est pas utilitaire, sinon il servirait encore. Il y a donc un vrai sujet de débat, né dans les années 1970, où il était dit que le patrimoine devait gagner sa vie ; il a donc été réutilisé, mais on ne l’a jamais autant perdu. Il conçoit que les deux discours se tiennent, dans le cas présent, le château du Colombier peut effectivement être en péril s’il n’est pas habité. Mais il pense que le débat doit avoir lieu et la SAMF est l’endroit idéal pour l’amorcer. Virginie Czerniak rappelle que la SAMF n’en serait pas à son premier débat sur cette question extrêmement importante et délicate.
Louis Peyrusse se demande si le matériau utilisé est le même partout car il constate que certaines façades sont d’un rouge flamboyant alors que d’autres sont plutôt grises. Diane Joy reconnaît que la qualité de ses photographies est en cause. Cependant, bien que le matériau soit le même partout, certaines veines de grès sont plus chargées en oxyde de fer que d’autres. Cela rend d’ailleurs l’étude assez difficile car le grès grossier ne permet pas d’apprécier l’homogénéité des parements de la tour de gauche, alors que l’utilisation du calcaire sur certains éléments architectoniques, comme les chaines d’angle, donne un aspect plus soigné. La mise en œuvre de moellons de grés équarris ne rend pas la lecture aisée et ne permet pas de différencier facilement les maçonneries des XIVe de celles du XVe siècle. Louis Peyrusse se demande encore si l’on dispose d’informations sur le fonctionnement du château au XVe siècle, lorsqu’il constituait le siège d’une coseigneurie (avec plusieurs tours). Les seuls indices dont on dispose actuellement, répond Diane Joy, sont les équipements domestiques présents aux étages supérieurs des trois tours : des cheminées, des fenêtres géminées qui éclairent largement les pièces et des latrines pour l’une d’elles. Les rez-de-chaussée sont ouverts sur la cour, ce qui laisse supposer qu’elle pourrait être fermée dès le XIVe siècle. La fonction résidentielle semble donc pouvoir se confirmer pour les niveaux supérieurs des tours mais les maigres vestiges conservés sur les corps de bâtiments ne permettent pas d’avancer d’hypothèses. La Présidente rappelle que les travaux sur les coseigneuries sont récents et loin d’être achevés. Gilles Séraphin introduit également un élément de réflexion supplémentaire dans le débat en évoquant le cas du Quercyoù, dans les châteaux qui comptent plusieurs tours, chaque vassal a une tour et chaque suzerain a une tour. Si un vassal a deux suzerains, il faut qu’il y ait deux tours, si un suzerain a deux vassaux dans le même château, il faut qu’il y ait aussi deux tours. La question a été bien étudiée par Christian Remy pour le Limousin, il s’agit de tours rendables c’est-à-dire que chaque vassal est tenu d’avoir une tour construite à ses frais qu’il doit rendre à chaque mutation de seigneur à son suzerain et ce dernier la lui redonne en échange de l’hommage au cours d’une cérémonie appelée la reda ; la tour ne sert pratiquement qu’à cet événement au XIIIe siècle. Au cours du XIVe siècle cependant, on fait de ces tours des édifices logeables et utilisables. Au cours de la reda, le seigneur envoie trois personnes qui demandent au vassal la clé de la tour, ces derniers montent au sommet de l’édifice pour hisser les armes du nouveau suzerain et crient son nom ou son cri de guerre. La tour étant bâtie aux frais du vassal, il arrive dans certains cas que celle-ci soit réduite à un mur équipé d’un escalier.
Virginie Czerniak remercie notre consœur et donne la parole à Patrice Cabau pour la seconde communication courte du jour, Deux monuments funéraires du grand cloître des Augustins de Toulouse.
À l’heure actuelle, malgré une ouverture partielle, le Musée des Augustins est toujours en travaux. Patrice Cabau rappelle que le grand cloître a été bâti au XIVe siècle, les travaux ayant commencé vers 1310-1320 et s’étant achevés dans la dernière décennie du siècle. La phase ultime fut alors la mise en place des arcades trilobées couronnant les colonnades. Les monuments funéraires dont il va être question sont encastrés dans le mur-bahut de la colonnade orientale, côté intérieur. Lors de la restauration précédente, dans les années 1980, les murs de la partie basse du cloître n’avaient pas fait l’objet de travaux. Il s’agissait encore naguère d’un mur en brique haut de 0,85 m ayant gardé des lambeaux de crépi et qui laissait voir deux petits monuments funéraires en pierre. Le premier se trouve sous le quatrième arc compté à partir du pilier d’angle situé au Nord-Est du cloître, le second sous le deuxième arc compté de la même façon ; originairement, ce dernier monument avait été placé à l’envers dans la maçonnerie (haut en bas). Avec le décroutage récent du mur-bahut, ces éléments de calcaire ou de grès sont apparus plus complètement.
Pour la première pierre (FIG. 1), la forme « classique » de l’écu pourrait indiquer le XIIIe ou le XIVe siècle, mais les inscriptions en caractères gothiques anguleux qui apparaissent en haut accusent plutôt le XVe, voire le XVIe siècle. Sur le chef de l’écu est gravée une ligne comprenant 8 ou 9 lettres dont la première, isolée par 4 points superposés, paraît bien être un « p » ; plus loin une lettre « v » se devine encore, puis le reste est illisible. Le champ est gravé en cuvette, on y voit une tour dominant un cours d’eau puissant. Il faut noter le soin avec lequel sont représentés le grand appareil et les mâchicoulis de cet édifice à base talutée. La façon de représenter les flancs de l’écu paraît assez étrange, puisque les deux courbes montrent des séries de trous de trépan ponctuant la bordure. Un tel traitement n’existe pas en héraldique médiévale ou classique. La transcription des écritures et le blasonnement étant quasiment impossibles, on ne sait pas de qui il s’agit.
La seconde pierre (FIG. 2) montre au milieu de sa partie supérieure un petit écusson avec à l’intérieur ce qui paraît être un T gravé. De part et d’autre de cet écusson se trouvent des rinceaux qui surmontent un cartouche rectangulaire à queues-d’aronde contenant une inscription en gothique anguleux. En-dessous apparaît un écu échancré, que certains qualifieront de « cuir découpé » (ce avec quoi notre confrère n’est pas du tout d’accord). Les échancrures sur les deux flancs peuvent ressembler à celle visible sur le flanc dextre des boucliers de joute. Cet écu est parti, avec une enture dans la partie basse et des lettres enchevêtrées au-dessus. On peut avoir un J à gauche et un R à droite, un T peut-être au-dessus, le reste paraît indéchiffrable. Tout cela ne saurait aucunement constituer des armes. En bas, un dernier registre consiste en une inscription gothique qui ne se lit guère que dans sa partie droite, où on devine après un point les lettres « pace ». On peut alors restituer « requiescat in pace ». Il s’agit donc apparemment d’une épitaphe qui ne mentionne pas le nom du défunt. On lit encore à gauche un 1 et un 5 et à droite un 4 et un 7. Nous avons donc la date de 1547, qui convient parfaitement pour la forme du bouclier échancré, les éléments graphiques et ce qui paraît être une devise inscrite à l’intérieur du cartouche. Dans ce dernier, on peut lire « espes » puis « mea », et le reste est illisible. Notre Directeur rend alors hommage aux anciens conservateurs du Musée des Augustins de la fin du XIXe siècle et du début du XXe qui se sont intéressés à tous les détails qu’ils pouvaient avoir sous les yeux, qui ont repéré et transcrit cette inscription. En effet, dans son catalogue du Musée terminé en 1864, Ernest Roschach a mentionné dans l’introduction cette pierre, où il a lu la « légende gothique incomplète : spes mea . . (spes mea Deus) ». Son successeur Henri Rachou a repris ces éléments dans son propre catalogue publié en 1912 (n° 576). Il a accepté « SPES MEA DEVS » puis restitué « REQVIESCAT IN PACE ». Ce sont là les premières et quasiment les seules références bibliographiques qui concernent cette seconde pierre.
Patrice Cabau montre alors un sceau rond aux armes de l’évêque de Mirepoix Philippe de Lévis dont celui-ci a fait usage en 1520 et qui porte l’inscription « ∙ SPES ∙ MEA ∙ DEVS ∙ » La forme échancrée du support armorié est celle d’un chanfrein, c’est-à-dire une pièce d’armure ou de cuir qui était plaquée sur la tête du cheval entre les yeux et les naseaux et qui portait les armes du jouteur ou du chevalier. Ici, sous la mitre épiscopale à deux fanons, le chanfrein est accosté verticalement de deux couples de dauphins opposés (FIG. 3). Deux chanfreins aux armes de Lévis apparaissent en 1479 sur le sceau de l’archevêque et prince d’Arles Eustache de Lévis. Les armoiries de Philippe de Lévis accompagnées de la devise « + ∙ SPES ∙ MEA ∙ DEVS ∙ + ∙ » se retrouvent gravées sur les pièces métalliques garnissant les plats de la reliure du bréviaire daté de 1522 qui est à Foix (FIG. 4). Les morceaux de l’antiphonaire de Mirepoix des années 1530 qui ont servi à composer le « frontispice » conservé à Toulouse portent les armes et la devise du même prélat. Le patchwork toulousain montre surabondamment combien il serait illusoire d’essayer de dater les écus par leur forme. Parmi ces vestiges, une initiale L portant la date « 1535 » et arborant la mitre épiscopale ainsi que le triple chevron de Lévis a été figurée par Ernest Roschach pour son Histoire graphique du Languedoc publiée en 1904. Patrice Cabau nous montre le portrait photographique de l’archiviste et conservateur, ainsi que celui de son successeur Henri Rachou.
La Présidente remercie notre confrère et conclut que les pierres dont il a été question ont été insérées après coup dans le mur-bahut. Elle demande encore si les meubles de l’écu de la première pierre ne constitueraient pas une piste. Patrice Cabau répond qu’il s’agit d’une composition pseudo-héraldique car un cours d’eau qui coule au pied d’une ville ou d’une tour n’est guère une figure de blason. Louis Peyrusse revient sur le fait qu’en 1547 on peut parler de « cuir découpé » classique dans lequel se trouve l’écu en question Patrice Cabau répond que l’on retrouve bien sur le bouclier les encoches latérales pour laisser passer la lance qui ont été dupliquées pour symétrie. Pour notre Trésorier il s’agit évidemment d’un cuir, mais pas d’armoiries ; il y voit plutôt une marque de marchand. Il y a en effet une sculpture semblable à la tour Delfau, à l’Hôtel de la Bourse, sur l’écu qui domine la tour et il s’agit d’une marque de marchand ; il voit cependant une croix à double traverse là où notre confrère a vu un T. Il s’agit donc d’une marque qui permet de marquer les balles de tissu et autres produits. Il en a également trouvé sur une poutre du XVIe siècle qui serait une marque de charpentier. Patrice Cabau accepte volontiers l’hypothèse d’une marque professionnelle. Louis Peyrusse demande si la phrase SPES MEA DEVS est propre à la famille de Lévis. Patrice Cabau répond que non : cette devise a notamment été utilisée dans les années 1540 par un imprimeur parisien, plus tard en 1575 par le roi Henri III, et son emploi a été banal jusqu’au début du XVIIe siècle ; « espes mea deus » est du « latin de marmiton » ! Notre Trésorier demande à Annaig Salaun si, à l’occasion des travaux, la pierre a été remise à l’endroit. Cette dernière répond qu’elle est restée telle qu’elle a toujours été.
Au titre des questions diverses, la Présidente nous annonce que, à la demande de l’animateur du patrimoine, elle part demain pour Moissac où l’on vient de découvrir des peintures murales dans une petite église en cours de rénovation par une association. D’après les photographies qui lui ont été envoyées, elle pense qu’il s’agit de peintures de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe ; elle nous en dira plus à la prochaine séance.
Elle signale également que Michelle Fournié ne pourra assurer sa communication courte du 2 juin et propose ce créneau aux membres qui désireraient présenter quelque chose.
Elle donne enfin la parole à la Secrétaire générale et à Georges Depeyrot qui a signalé aux membres une pierre sculptée vendue 8 500 euros à Vienne. Il s’agit de la copie d’un chapiteau roman d’Autun avec l’inscription de GISLEBERTUS. On projette l’original et la copie qui apparaît d’assez mauvaise qualité.
La séance est levée à 19h00.
