Société Archéologique  du Midi de la France
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SÉANCE DU 08 OCTOBRE 2019

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Ouverture de l’année académique.

Communication courte de Jean-Luc Boudartchouk : « Histoire et archéologie de deux saints de Novempopulanie : Orens d’Auch et Luperc d’Eauze ».

Inscription élusate mentionnant Luperc, V<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle ? Moulage, Musée d'Eauze.Orens d’Auch, évêque, et Luperc d’Eauze, martyr ou évêque, sont durant le Bas-Empire et le haut Moyen Age les patrons de leur cité respectives. Le réexamen des sources textuelles et l’évolution des connaissances archéologiques en lien avec l’époque et le souvenir de ces personnages amène à reconsidérer leur valeur historique.

Questions diverses : compte rendu de la séance foraine de juin / Discussions autour de Saint-Antonin-Noble-Val.

 

 

 

 

 

 


Présents  : Mmes Nadal, Présidente, Sénard, Directrice, MM. Ahlsell de Toulza, Trésorier, Péligry Bibliothécaire, Cabau, Secrétaire général, Mme Napoléone Secrétaire-Adjointe ; Mmes Andrieu, Czerniak, Haruna-Czaplicki, Jaoul, Merlet-Bagnéris, Wattin-Grandchamp ; MM. Boudartchouk, Garrigou-Grandchamp, Macé, Peyrusse, Scellès, Testard, membres titulaires ; Mmes Jimenez, Viers ; MM. Mattalia, Suzoni, membres correspondants.
Excusés  : Mmes Cazes, Dumoulin, Joy, Lamazou-Duplan ; MM. Cazes, Garland, Julien, Marquebielle, Peloux, Tollon.

Notre présidente donne la parole à notre consoeur Virginie Czerniak pour présenter la journée de visite de « Toulouse au XIVe siècle » qu’elle a organisé pour les membres de la SFA les 11, 12 et 13 octobre. Celle-ci fait partie des visites de « villes d’art », effectuées en complément des congrès archéologiques dont la programmation est désormais plus restreinte. Elle entre également dans le cadre d’une exposition qui se tiendra sur ce thème en décembre 2020, d’abord à Toulouse puis à Paris. Durant le week-end prochain, il est donc prévu de faire visiter aux membres de cette société le couvent des Jacobins, le couvent des Augustins, l’église de Saint-Sernin et la cathédrale Saint-Étienne.

Émilie Nadal présente ensuite un certain nombre d’ouvrages donnés à la bibliothèque de la société :
-  Pouvoirs et territoires en Aquitaine du VIIe au Xe siècle, « enquête sur une administration locale », Stuttgart, 2018, don de J-F. Boyer.
-  Henri Avizou, architecte tarnais (1907-1987), Castanet-Tolosan, 2019.
Notre trésorier donne également :
-  la collection complète des Cahiers de Fanjeaux
-  Jean-Charles BALTY, Étude de la Maison carrée de Nîmes, 1960
-  École antique de Nîmes n° 5, 1980
-  Cahiers de la Rotonde, n° 1, 1978
-  Françoise MERLET-BAGNÉRIS, Sondages dans l’amphithéâtre de l’école des Beaux-Arts de Toulouse (anciennement monastère de la Daurade), rapport de fouilles (dactylographié).

Guy Ahlsell de Toulza nous informe ensuite de l’arrivée de notre confrère Emmanuel Moureau à la tête du Service patrimoine de Moissac.

S’étant engagé dernièrement à lire un ouvrage adressé l’année dernière à la société sur les fouilles de Montségur, Laurent Macé demande s’il est prévu d’en publier le compte-rendu plutôt négatif qu’il en a fait. Maurice Scellès rappelle qu’autrefois des commentaires d’ouvrages étaient édités dans le bulletin mais que l’on pourrait aujourd’hui ne publier que les comptes-rendus positifs. Notre présidente propose donc de laisser au rapporteur le soin de décider si le compte-rendu mérite d’être publié. Louis Peyrusse signale la parution d’un numéro de la revue en ligne Patrimoines du Sud, consacré au château médiéval, dans lequel Laure Barthet et Laurent Macé évoquent le cas de Montségur.

Virginie Czerniak donne ensuite lecture du rapport de candidature de Catherine Letouzey-Réty :
Madame Catherine Letouzey-Réty est depuis 2017 professeur de CPGE au lycée Pierre de Fermat de Toulouse, spécialité Chartes et histoire des arts avec un complément de service au lycée Saint-Sernin (Histoire).
Elle est agrégée en histoire et docteur en histoire médiévale, auteur d’une thèse de doctorat soutenue en 2011 à l’université de Paris 1, consacrée à l’abbaye Sainte-Trinité de Caen intitulée Ecrit et gestion du temporel dans une grande abbaye de femmes anglo-normande : la Sainte-Trinité de Caen (XIe – XIIe siècle), en cours de publication aux Presses Universitaires de Caen. Elle a obtenu la mention très honorable avec félicitations du jury à l’unanimité est a été qualifiée par le CNU en 2011 puis en 2018.
Elle a un double cursus en histoire et en histoire de l’art (Licence d’histoire de l’art à Paris 1 + Diplôme d’études supérieures de l’Ecole du Louvre). Allocataire monitrice à Paris 1 elle a également été ATER à deux reprises, à Paris 1 entre 2008 et 2010, puis à l’université de Rouen entre 2010 et 2013.
Elle a publié six articles, essentiellement consacrés à son sujet de Thèse, dans les Annales de Normandie et dans des publications d’actes de colloque et de tables rondes (Publications de la Sorbonne et Publications du CNRS) ainsi qu’un chapitre d’ouvrage dans Administrer par l’écrit au Moyen Âge (XIIe – XVe siècle), Publications de la Sorbonne en 2019.
Elle a participé à diverses journées d’étude non publiées et est également l’auteur de comptes-rendus d’ouvrage pour La Revue Historique, Le Moyen Âge, Médiévales, Histoire et sociétés rurales et Tabularia.
Elle est chercheuse associée au LaMOP de l’université de Paris 1 (Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris, UMR 8589 du CNRS) et poursuit ses recherches sur l’Angleterre et la Normandie médiévales.
De fait, quel peut être son intérêt à devenir membre de la SAMF ? Comme elle le dit elle-même, outre son intérêt personnel pour le patrimoine et l’histoire de sa région d’adoption, elle exprime le désir de sensibiliser ses étudiants toulousains de CPGE Chartes aux questions de préservation et de valorisation du patrimoine du Midi de la France. Un de ses cours de première année portant sur l’histoire de la notion de patrimoine il lui semble important d’illustrer ses cours d’exemples choisis dans le patrimoine immédiat des étudiants et elle compte sur la fréquentation de la SAMF pour ce faire.
Par ailleurs, elle participe avec plusieurs de ses collègues à la mise en valeur du patrimoine du lycée Fermat (livres anciens, documents d’archives et patrimoine immobilier lié à l’ensemble conventuel des Jacobins) et souhaite poursuivre dans cette voie avec les collègues conservateurs, des services de l’Inventaire, des MH, des Archives ainsi que les collègues universitaires.
Pour conclure, il apparaît que sa candidature se révèle cohérente et riche de promesse, en précisant qu’il s’agit d’une personne absolument charmante et éminemment sympathique !

Laurent Macé précise qu’elle est présente au conseil de département d’histoire ce qui semble témoigner de sa volonté de s’investir.
Après avoir procédé au vote (18 bulletins), Catherine Touzey-Réty est élue.

À la demande de notre présidente, Maurice Scellès fait un compte-rendu de notre sortie foraine du 22 juin à Saint-Antonin-Noble-Val. Il revient sur le débat que nous avons eu avec l’association locale un peu frileuse quant à son éventuel engagement pour la mise en valeur de la maison de la rue Cayssac - qui a finalement été vendue à un particulier peu de temps après notre visite -. En effet, les intérêts de cette association sont très divers et ne se limitent pas au patrimoine de la ville. Maurice Scellès a également été invité à assister à une réunion qui a eu lieu le 17 août à Saint-Antonin où il a pu constater le grand intérêt du public pour le patrimoine local. Il propose donc aux membres de réfléchir sur le rôle que notre société peut avoir pour la mise en valeur et la protection du patrimoine. En effet, nos bulletins témoignent des critiques que nous exprimons, nous achetons par ailleurs des œuvres d’art. Un engagement financier plus important donnerait une autre place à notre société. En s’appuyant sur l’exemple de la maison de la rue Cayssac, Émilie Nadal ajoute que notre société n’a pas pour l’instant les outils pour réagir vite, il faut donc réfléchir au système de fonds de dotation évoqué par Pierre Garrigou Grandchamp lors de la dernière séance de l’année académique précédente.
Guy Ahlsell de Toulza avoue qu’il était peu enthousiaste par l’achat de la maison de la rue Cayssac, se rappelant que la société possédait des immeubles à Saint-Bertrand-de-Comminges dont elle s’est débarrassée parce que leur entretien était ruineux. Maurice Scellès rappelle que l’achat de cette maison aurait été une solution temporaire destinée uniquement à sauver l’édifice avant de le rétrocéder. Il propose donc de réfléchir à des montages possibles permettant de réagir rapidement dans un cas similaire à celui-ci.
Dominique Wattin-Grandchamp se demande, après avoir vu le coût des restaurations nécessaires, si la société aurait eu les reins suffisamment solides pour assumer une telle entreprise. Pierre Garrigou Grandchamp conclut que la discussion ne sera possible que si les membres de la société désirent créer un volant de sauvegarde du patrimoine.

Émilie Nadal passe donc la parole à Jean-Luc Boudartchouk pour la communication longue : Histoire et archéologie de deux saints de Novempopulanie  : Orens d’Auch et Luperc d’Éauze, et poursuit par une communication courte La vie de Saint-Didier évêque de Cahors et le site fortifié du Bas-Empire de Saint-Cirq.
Notre présidente remercie notre confrère pour la présentation de ces saints peu connus, notamment saint Luperc. Elle ajoute que notre confrère Fernand Peloux lui a écrit pour signaler à notre compagnie qu’il vient de découvrir un légendier à l’usage de Santa Maria de Huerta contenant en gascon les Vies et Miracles d’Orens tels que connus à Moissac au XIe siècle, et deux textes sur Luperc, en prose et en rime, qui sont inédits. Laurent Macé demande des précisions sur les anthroponymes et leur signification. Orens et Luperc, répond le conférencier, sont des noms romains portés à la fin de l’antiquité sans signification particulière.
Patrice Cabau remarque que la forme Luperculus est plus fiable que la forme Lupercus. Elle est en effet plus assurée au XIe siècle quand Éauze devient prieuré de Cluny. Quant à l’inscription incomplète présentée, il lui semble difficile d’en tirer des informations. Louis Peyrusse demande quelles ont été les circonstances à l’origine du transfert de l’évêché d’Éauze à Auch. Jean-Luc Boudartchouk répond que les textes justifient le transfert par des destructions liées à des invasions barbares (vandales, sarrazins…), ce qui n’est pas documenté par ailleurs. En revanche, l’archéologie montre une ville romaine en voie de déstructuration. La question de l’enceinte a peut-être joué un rôle dans l’abandon du siège cathédral. Françoise Merlet-Bagnéris se souvient que lorsqu’elle a soutenu sa thèse sur la cathédrale d’Auch, Marcel Durliat lui avait reproché de n’avoir pas dressé la liste des évêques, cela aurait-il été possible demande-t-elle au conférencier ? Les principaux évêques répond-il ont été réhinumés (ils reposaient auparavant à Saint-Orens d’Auch) dans les chapelles souterraines de la cathédrale au XVe siècle. La liste des premiers évêques d’Auch et d’Éauze reste cependant difficile à établir, certains évêques d’Éauze ayant été vraisemblablement considérés postérieurement comme des évêques d’Auch ou vice et versa.
Patrice Cabau se dit convaincu par les interprétations proposées pour le texte de la vie de Saint Didier, mais il pense que le dossier hagiographique de Saint Luperc est vide et que la vie de Saint Orens est peu crédible sur le plan historique puisqu’on y mentionne Litorius et Aetius au siège de Toulouse de 439. Selon le conférencier, il ne s’agit pas là d’un procès-verbal mais d’un morceau littéraire. Patrice Cabau répond que le texte est conçu de façon convaincante mais peu historique.

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